Grand Lyon : La percée des quartiers durables

Les Lyonnais s'intéressent particulièrement au développement durable. Leurs premiers écoquartiers, souvent primés, se veulent construits dans les règles de l'art. Revue de détail des programmes déjà réalisés ou encore en projet.

Grand Lyon : La percée des quartiers durables
Grand Lyon : La percée des quartiers durables

Le "cyclo-pousse" vient de naître à Lyon. Ce vélo-taxi, on ne peut plus écologique, accompagne désormais les séniors dans leurs courts trajets quotidiens à travers la ville. La famille des transports "doux" de l'agglomération lyonnaise s'agrandit donc. Le palmarès de son aîné, le Vélo'v, avait en effet de quoi surprendre.



En cinq ans, ce vélo en libre-service a parcouru 58 millions de kilomètres, soit l'équivalent de 1 450 fois le tour de la Terre !


Chaque jour, plus de 15 000 Vélo'veurs sillonnent l'agglomération pour les trajets domicile-travail ou les diverses courses quotidiennes, soit autant que d'habitants à Tassin-la-Demi-Lune. Une prise de conscience écologique ? Un ras-le-bol des embouteillages ? Peut-être un peu des deux.



Deux quartiers centraux


Des quartiers durables de Lyon commencent aussi à éveiller l'intérêt, d'autant que leurs constructions neuves accueillent les premiers habitants. En tête de file : La Confluence, une langue de terre entre Rhône et Saône en coeur de ville, sur la pointe de la Presqu'île (IIe). Il est trop tôt pour savoir si la mayonnaise durable, mixant développement économique, écologie et solidarité sociale, a pris, mais le bon accueil des experts permet de l'envisager. Le projet a notamment été lauréat du concours des écoquartiers du ministère de l'Écologie, dans la catégorie "densité et formes urbaines".


Ce morceau de ville étonne par son immensité, 150 hectares incluant deux gros aménagements de friches et l'écorénovation d'un quartier ancien. Pour la petite histoire Bedzed, l'écoquartier emblématique du Grand Londres, ne comporte que 3 hectares et une centaine d'appartements. Tous les bâtiments de la Confluence sont édifiés à moins de 400 mètres d'un transport collectif, tramway du cours Charlemagne ou métro à la gare de Perrache. Des appartements à bas carbone ont été livrés, dont Lyon Islands de Bouwfonds Marignan qui présentait encore une petite offre en 4, 5 et 6-pièces voilà un mois (de 4 100 à 5300€/m2).


Pour Pierre-Marie Le Gloanec, le directeur de l'agence lyonnaise du groupe, le surcoût écologique se fait clairement sentir: "Un programme HQE® d'une cinquantaine de logements nous coûte 300000 €de plus. Ramené au 3-pièces, cela fait presque le prix d'un parking!"



Même problématique dans le second quartier durable en construction de Lyon: le Bon Lait (VIIe). Faubourg 7, le projet du promoteur, est commercialisé à 3500 €/m2, mais s'avère être l'un des rares à porter le double label Démarche HQE® et BBC Effinergie.



Le Bon Lait est en taille small.


Il s'agit en fait d'un coeur de quartier de 8 hectares, noyau du futur Gerland nord en reconstruction autour du pôle multimodal Jean-Macé. C'est un cocktail d'habitat privé, de logements sociaux ou intergénérationnels, et de bureaux, avec un gros zeste de trame verte sur 20 % du quartier. La Zac s'achèvera en 2013 (pour en savoir plus : www.zac-bonlait-gerland.com).



Un projet global dans le IXe


Les barres "ghetto" de la Duchère ont été démolies, mais la tour panoramique demeure, comme un phare dans la tempête. Ce projet de restructuration a été lauréat en 2009 des trophées de la rénovation urbaine et de l'urbanisme durable. À l'origine de cette distinction: la globalité de la démarche qui outrepasse le bâti pour s'intéresser à l'offre de services publics, la culture, la réussite éducative et l'accès à l'emploi.


Deux écoles ont été construites, une bibliothèque s'achève, un habitat plus glamour que les barres sort de terre... Au total, les constructions neuves comportent un hectare de toitures végétalisées et le chauffage urbain, passé du charbon au bois, économise 25 000 tonnes de CO2.


Quant au parc du Vallon, il retrouvera son ruisseau d'origine. À terme, en 2016, les logements sociaux ne devraient plus compter que pour 55%. L'immobilier neuf a surtout séduit un public jeune, aux moyens assez modestes pour profiter de la TVA à 5,5% du renouvellement urbain. La commercialisation touche à sa fin, mais une offre de dernière minute se dessinait fin septembre: un 100 m2 en livraison à 290 700 € (Génération 9 Côté Coeur de Nexity) et de grands appartements des Dominos de Spirit Grand Sud, dont un 6-pièces duplex à 269 000 €. Les concours d'habitat de la seconde phase, qui compte 16 programmes, seront orchestrés sous peu.



La périphérie également durable


Saint-Priest ne compte pas d'écoquartier à proprement parler, mais ses maisons passives des Hauts-de-Feuilly ont valeur d'exemple, souvent utilisées à titre de démonstration.


D'abord difficiles à commercialiser en raison de la crise, de leur grande taille et de leurs tarifs élevés, ces produits se sont ensuite bien écoulés avec une volumétrie réduite et des Pass-foncier.


Aujourd'hui, tout est vendu. Mais Saint-Priest fournit une autre offre importante : des maisons BBC Nexity (Le Nouveau Monde 2) à partir de 214 000 € et du collectif dans le coeur de ville en cours de densification, comme la plupart des centres-bourgs. La Cité de l'environnement, tout juste inaugurée, est aussi exemplaire, en ce sens qu'elle ne consomme que peu d'énergie (100 kWh/m2/an) et s'agrémente de prairies naturelles et de jardins potagers. Pour autant, elle accueille des bureaux. Selon Thierry Roche, l'architecte des maisons passives et de la Cité, "l'habitant durable" importe autant, sinon davantage, que les procédés constructifs environnementaux. "On doit pouvoir lui proposer des espaces de transition avec l'individuel pur, pour qu'il puisse vivre en ville, consommer sur place et également se déplacer en ayant une faible empreinte écologique." L'arrivée du tramway à Saint-Priest s'est avérée positive.


Ces principes vertueux devraient se décliner aussi dans le quartier durable du Carré de Soie, situé à Villeurbanne et Vaulx. Le centre du site, qui comprend le métro et le pôle commercial, accueillera des activitéséthiques, donc de nouveaux emplois.



Un concept de "parc habité" permettra en outre de vivre en ville et au vert. La densité sera rehaussée pour libérer la nature au sol, un peu sur le modèle des cités-jardins d'autrefois et de l'îlot ouvert sur tous les flancs à la lumière et à la végétation.


Le premier à se lancer au coeur du quartier est un programme BBC aux terrasses de 10 m2 et plus : le Square des canuts (Rhône Saône Habitat). On retrouve ici les petits prix de la périphérie, de 2 700 à 3 000 €/m2, qui peuvent encore être minorés par une TVA à 5,5%.


Un quartier durable va bientôt voir le jour à Sathonay-Camp, à 4 kilomètres de Lyon et en limite de Caluire. Présenté au concours des écoquartiers, le projet part à la reconquête d'une friche militaire en continuité du centre-bourg. Ce sont 650 logements qui sont annoncés dans cette Zac dite "Castellane", en appoint de 520 réservés à la gendarmerie. La population locale devrait donc grossir de 3 500 habitants, c'est-à-dire doubler. Économique, environnemental et créateur d'une plus grande mixité sociale (la ville compte 35 % de logements sociaux !), le projet se présente comme une future bonne pratique du Grand Lyon. Quelques points forts, entre autres : la réutilisation des matériaux de démolition, l'acheminement des eaux à ciel ouvert, la chaufferie urbaine à bois et la compacité des formes bâties.



Service

Prenez rendez-vous avec un diagnostiqueur