Grand Lyon : des lancements de programmes neufs attendus

Sous l'effet du dispositif Scellier et de la primo-accession à budget serré, l'offre en petites surfaces a fondu. Le salon de l'immobilier prévu ce mois-ci devra répondre à de légitimes attentes. Enquête au coeur du marché lyonnais.

Grand Lyon : des lancements de programmes neufs attendus
Grand Lyon : des lancements de programmes neufs attendus

Octobre est un mois “show” pour Lyon. Du 13 au 18, se déroulera “Lumière 2009”, le premier festival du cinéma de la métropole, né en toute logique dans cette ville où vécurent les frères Lumière.


Tout aussi festive, sinon plus, la Biennale d'art contemporain bat son plein, présente non seulement au coeur de Lyon, mais aussi en périphérie. Parralèlement, du 16 au 19 octobre, le palais des congrès accueillera le salon de l'immobilier. Régulièrement, cet événement draine des milliers de visiteurs, en majorité de moins de 45 ans, cadres ou exerçant en libéral pour presque la moitié.


Cette année, ce rendez-vous des amoureux de la pierre pourrait être particulièrement prisé car le marché immobilier vient de prendre un virage à 180°.



Ventes : le rebond


Le niveau des ventes de biens neufs s'est très nettement relevé au cours des six premiers mois. Rien qu'en mars, l'aire urbaine lyonnaise a enregistré 900 réservations, le pic du semestre (source : Cecim, l'observatoire lyonnais). Le rythme ne s'est pas effrité par la suite, loin de là, en avoisinant 600 ventes par mois. La tendance n'a plus rien à voir avec le 2e semestre 2008 au cours duquel 200 ventes mensuelles faisaient tache dans ce marché généralement dynamique.


Les investisseurs constituent le gros du bataillon des réservataires : 70 %, avec une pointe à 78 % en juin. Les particuliers sont majoritaires, mais la vente en bloc (aux bailleurs sociaux et institutionnels) a bien fonctionné. Les utilisateurs, quant à eux, ont réservé presque 900 biens, un peu moins que durant le 1er semestre 2008. Le prix moyen, stationnement inclus, a été de 3237€/m2. Ces bonnes performances traduisent dans les faits les enseignements du Cetelem sur la consommation des ménages.


“Comme en Île-de-France, le moral des Rhônalpins résiste mieux qu'ailleurs” signale Flavien Neuvy, responsable de l'observatoire du Cetelem, en donnant pour raison majeure “le marché de l'emploi moins difficile que dans d'autres régions”. Les Rhônalpins sont aussi les plus disposés à augmenter leurs dépenses, visant en premier lieu l'alimentation pour mieux consommer, tradition culinaire oblige. En ce qui concerne l'immobilier, les habitants de la région sont de la même façon sur la 1èremarche du podium. Au début de l'année, 12 % avaient l'intention d'acquérir un bien contre 9 % de Français. “À l'écoute du marché, ils sont conscients de la baisse des prix et se demandent si ce n'est pas le moment de réaliser une bonne affaire”, en conclut Flavien Neuvy. En savoir plus sur le site : observatoirecetelem.com, en ligne depuis septembre 2009.



Mises en vente : la prudence


Durant le 1er semestre, les mises en vente n'ont pas décollé, réduites de moitié par rapport à l'an dernier. Environ 300 logements ont encore été retirés du marché au 2e trimestre en raison d'une précommercialisation insuffisante ou d'un repositionnement nécessaire. Dans ces conditions, les stocks s'épuisent : 3 500 unités à la fin juin, de quoi alimenter six mois de réservations. Peu de logements ont été achevés invendus et beaucoup sont en construction, raison de plus pour attirer les clients.


La matière première à ré-inventer : le foncier. Durant les premiers mois de l'année, les promoteurs ont abandonné ou laissé en sommeil un bon nombre de maîtrises foncières. Or, sans terrain, pas de programme !


Leur mot d'ordre est donc de reconstituer leur portefeuille en concevant des projets adaptés aux capacités financières des acquéreurs. “Nous relançons activement le développement foncier que nous avions arrêté, confirme Angélique Morellet (Nexity George V), et l'année 2010 sera très bonne.


En attendant, nous avons encore un stock à écouler…” Le promoteur n'a pas de lancement en vue au moment du salon de l'immobilier, mais mettra sur le marché la semaine suivante la 2e tranche du Nouveau Monde, son programme de Saint-Priest : 37 maisons BBC et 28 appartements THPE.


Les trois-quarts des acquéreurs de la 1ère tranche furent des primo-accédants. Nexity lance aussi un programme en plein centre de Villefranche et un autre à Limas. Des journées portes ouvertes sont prévues à Saint-Symphorien-d'Ozon et à l'Isle-d'Abeau, à l'occasion du démarrage des travaux. En novembre, un appartement témoin appuiera le programme de Vaulx.


La mécanique redémarrant seulement à présent, les lancements ne sont pas aussi abondants que la demande, notamment de petits investissements, le justifierait. Cependant des programmes se trouvent sur la ligne de départ. Citons, à titre d'exemple, le 36 Chazière, un lancement de Kaufman et Broad à La Croix-Rousse, une belle adresse. Le promoteur gère aussi un nouveau projet dans le 3e, près de La Buire, et un autre à Saint-Fons. Le groupe Brémond met sur le marché son très attendu projet de La Confluence “à énergie zéro” (la résidence Amplia). Les Nouveaux Constructeurs démarrent leur premier programme en basse consommation à Villeurbanne (Les balcons de Léa) et un autre à Tassin. Toujours à Villeurbanne, moins chère que Lyon mais aussi citadine, la Sier a mis en route la résidence Atlas, “au coeur du Gratte-Ciel”, le quartier des années trente, et Cogedim organise un projet entre Charpennes et République. Utei choisit les vignes et les arbres fruitiers de Millery, près de Givors, pour implanter deux petits immeubles et cinq maisons. Bouygues Immobilier mise sur Décines, sur la ligne du tramway Léa, et la résidentielle Caluire-et-Cuire…



La Duchère, un quartier pour primo-accédants


Dans le 9e arrondissement, La Duchère, au sommet d'une colline lyonnaise, se révèle le marché-type de la primo-accession. La “Duch” a séduit de jeunes familles, prêtes à sauter le pas en raison de petits prix : 2 600€/m2, voire 2 300 €/m2 avec TVA à 5,5 %. Cette réduction de taxe a pour origine la qualification du quartier en grand projet de ville qui ramènera en outre les 80 % de logements sociaux à 60 % et à 43 % sur le plateau. Il reste à démolir la barre 220 en février, libérer l'emprise du centre commercial et faire tomber la barre 230 au terme de trois années de relogement à venir. La phase 2 est à l'étude dans la perspective de modeler un quartier durable à basse consommation. Lors de la première phase, la promotion privée a été consultée pour léguer au quartier une diversité sociale et un bâti à taille humaine. Les commercialisations se sont bien déroulées, mais la fin de 2008 a généré, comme partout, son lot de demandes retoquées de financement.


Tant et si bien que quelques appartements sont disponibles (Apricot Immobilier, avenue Ben Gourion, à 2 500 €/m2 ; Spririt Grand Sud ; Nexity George V, avec appartement témoin). Nexity et Cogedim ont abandonné leurs projets à flanc de colline, plus chers à édifier et à vendre. Pour l'instant, il n'est pas question de les lancer.


Prudence, prudence !



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