Favoriser les prêts à taux zéro

Interview d'Olivier de la Roussière, Président de Vinci Immobilier.

Favoriser les prêts à taux zéro
Favoriser les prêts à taux zéro

Quelles sont, selon-vous, les priorités pour sortir de la crise du logement ?


Répondre à la crise du logement est un enjeu majeur des prochaines années. Mais les solutions à mettre en place sont différentes selon les zones géographiques.


Dans les zones dites « tendues »  (grandes agglomérations), l’insuffisance de logements s’explique principalement par le manque de terrains et le prix élevé du foncier. Pour y remédier, toute une série de mesures complémentaires est nécessaire :

  • • augmenter la constructibilité des terrains
  • • baisser l’imposition des plus-values sur les terrains à bâtir
  • • limiter les possibilités de recours ou tout au moins les faire juger rapidement
  • • mettre sur le marché, par l’intermédiaire de l’Etat et/ou des collectivités, des terrains à prix modérés, et avoir en contrepartie un engagement de prix maîtrisés.

Pour les zones moins « tendues », la problématique est différente. La hausse des prix est due en grande partie à l’augmentation des coûts de construction, liée aux nouvelles normes et au Grenelle de l’environnement. Le cumul de ces deux éléments a renchéri le coût de la construction. Pour ces zones, il faut simplifier les bâtiments et augmenter la constructibilité afin de compenser les surcoûts techniques.


 


Quelles solutions permettraient de favoriser l’accession à la propriété ?


Les solutions pour favoriser l’accession à la propriété sont multiples et doivent s’inscrire dans le temps :


• baisser le prix de revient (terrain + travaux + frais) des opérations immobilières, ce qui permettra d’en baisser le prix de vent


• favoriser les Prêts à taux zéro pour les accédants


• solvabiliser les acquéreurs auprès des banques par une assurance plus complète (chômage…)


• avoir des mesures fiscales sur le long terme, stables et réglementaires


• continuer à exclure la résidence principale du champ des plus-values


• aider à la fluidité des transactions


• inciter les banques à prêter dans le respect de leurs ratios.


 


 


Faudra-t-il un dispositif d’investissement locatif pour succéder au Scellier en 2013 ? Si oui, sous quelle forme ?


L’investissement en immobilier locatif des particuliers est indispensable si nous voulons avoir une construction de logements neufs de qualité pour le logement intermédiaire et le logement libre en location. Il faut donc l’accompagner et le bonifier.  Pour y parvenir, je reste convaincu qu’un dispositif d’incitation à l’acquisition d’un logement destiné à la location reste l’un des moteurs essentiels.


Il doit être attractif et simple afin de compenser une rentabilité modérée pour les investisseurs. Il peut prendre des formes différentes, viser un type de locataire ou un autre, mais c’est le seul moyen, à ce jour, d’accompagner et d’inciter les investisseurs privés. Il faut le faire dans un régime fiscal stable sur le long terme. Un retour à un régime proche du précédent système de taxation des plus-values me paraît indispensable pour regagner la confiance des investisseurs. Un retour à la déductibilité du déficit foncier sur le revenu global, sans autres aides fiscales en contrepartie, pourrait également apporter une plus grande simplicité et lisibilité, en particulier pour le logement locatif à prix maîtrisé.

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