Evolution du marché bordelais

I.B. : Quelle va être l'évolution du marché immobilier bordelais à court terme ?

Evolution du marché bordelais
Evolution du marché bordelais

Isabelle Chevreau (Nexity George V) : Nous ne sommes pas très inquiets pour les prochains mois. Etant donné que le dispositif Robien représente 0,5 % de la croissance française, sa pérennité paraît certaine pour le moment. Nos projets se situent surtout en dehors de la CUB, notamment en Charente et sur la Côte basque pour des opérations comprises en général entre 40 et 60 logements.


Vincent Haas (Sefiso Atlantique) : Nous avons nous aussi du mal à travailler sur le territoire de la CUB et nous élargissons géographiquement notre activité, vers les Charentes, Périgueux et Saint-Astier, mais aussi dans les Landes, à Dax et Mont-de-Marsan, où nous allons réaliser 200 logements en trois tranches, à 2 100 €/m2.


Denis Luthereau (Icade Capri) : Je souhaite favoriser un rééquilibrage entre accédants et investisseurs. Encore cela implique-t-il de disposer de produits adaptés. Chez Capri, nous essayons de rester sur la CUB à Bordeaux (250 logements en cours à Cauderan-Montesquieu) sur les Zac de Floirac (250 logements en deux îlots), Pessac et Mérignac. Les prix se situeront entre 2 100 et 2 200 €/m2 pour les logements en accession "aidée" et 2 600 à 3 000 €/m2 pour les autres. Sur la Côte basque, où la problématique urbaine est différente, nous allons lancer une opération en secteur sauvegardé de Bayonne, une cinquantaine de logements, des commerces et un hôtel, ainsi que deux autres opération plus classiques sur Anglet totalisant environ 80 logements. Les prix se situent dans une fourchette de 3 900 à 4 500 €/m2.


Alain Ferrasse (Eiffage Immobilier) : Nous sommes prudents. Dans les années à venir, ceux qui ont vendu des logements à des investisseurs sur des opérations qui ne se louent pas, vont probablement se faire plus discrets. Peu importe que cela prenne du temps, il importe de travailler sur les centres, même s'il s'agit de ceux de villes moyennes et même si le montage est complexe. Avec la crise de l'énergie, cette stratégie est préférable à celle qui consiste à construire sur des champs de maïs. Nous démarrons le chantier de l'Ilot Bonnac, dans le centre de Bordeaux, pour 100 logements haut de gamme et 100 logements en para-hôtellerie. Avec un prix moyen de 3 500 / 4 000 €/m2, la moitié du programme est commercialisée. En mars 2006, nous lancerons la commercialisation d'une opération de 200 logements en centre-ville d'Arcachon, livrables en 2007/2008. A Agen, nous sommes aussi dans le centre-ville pour 80 logements en deux tranches, tout comme à Tarnos où nous commercialisons une opération.


François Quirac (Bouygues Immobilier) : Nous sommes sur un marché relativement porteur, essentiellement axé sur le segment de la résidence principale qui s'adresse aussi aux investisseurs futurs propriétaires-accédants. Parmi nos programmes, Cours du Médoc totalise 51 logements et se caractérise par la réhabilitation d'anciens chais en centre-ville. A Floirac, nous lançons 67 appartements et 7 maisons. A Arcachon, nous lançons ce mois-ci la commercialisation de deux programmes, dont un de prestige. A Bordeaux, en centre-ville, Cours du Maréchal-Juin, nous lançons une opération et nous nous intéressons aussi à d'autres marchés hors CUB.


Jean-Louis Guy (Mazarin Investissement) : Je souhaite que le marché atterrisse en douceur. Tout un ensemble de mesures simples permettrait d'adapter le système Robien et d'éviter la multiplication d'effets pervers. Face à la montée des prix, j'ai intensifié mon activité sur le littoral, sur des produits tournés vers l'accédant, comme à Lacanau, Mimizan, sur la Côte basque, d'environ 40 à 50 logements pour chaque opération. En parallèle, à Lormont, nous travaillons sur un concept de résidences seniors réellement adapté à cette clientèle.


Philippe Caris (FPC) : Même si l'on sent poindre ici ou là quelque inquiétude la profession vit des heures agréables. Nous devons convaincre les élus de densifier la ville, dans l'esprit de la Loi SRU. En raison de la crise de l'énergie, avec un coût du transport en hausse - qui représente 15 % du budget d'un ménage - s'éloigner des centres urbains va poser de plus en plus de difficultés. Les promoteurs ne sont plus des personnes réalisant des opérations dans leur coin en essayant de dégager le maximum de profits. Désormais, nous réfléchissons de manière humaniste à notre métier.


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