Écoquartiers : les villes montent au créneau

Depuis quelque temps, beaucoup de communes franciliennes mitonnent un écoquartier comme elles cuisineraient un pe- tit plat en sélectionnant les meilleurs ingrédients bio. "Durant les municipales, j'ai rendu visite à environ 70 villes. Pratiquement toutes avaient un écoquartier en gestation", observe le président Jean-Paul Huchon avec une curiosité d'autant plus vive pour ces quartiers que la Région a la main verte. Le Conseil régional n'a-t-il pas rendu obligatoire la construction de lycées zéro énergie dont le premier a été inauguré à Limeil-Brévannes ? À cela s'ajoutent dans la politique régionale des actions de plus en plus larges pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et l'utilisation massive des combustibles fossiles la création de l'Arene (Agence régionale de l'environnement et des nouvelles énergies) pour sensibiliser les acteurs de l'aménagement aux questions environnementales, la mise en place du plan énergie dans le bâtiment, la formulation du dernier schéma directeur fortement teinté de développement durable…

Écoquartiers : les villes montent au créneau
Écoquartiers : les villes montent au créneau

Des écoquartiers sur la ligne de départ.


Parmi les secteurs écologiques encore à l'état d'embryon s'inscrit la Zac "Ecocité-Canal de l'Ourcq" de Bobigny, où se construiront 1 200 logements et 130 000 m2 d'activités entres autres. À Paris, les trois hectares du petit écoquartier de la gare de Rungis se veulent un modèle de développement durable, à l'image de "Bedzed" au Royaume-Uni ou de "Vauban", à Fribourg, en Allemagne. Plus vaste sera "Clichy-Batignolles", 50 ha au coeur du 17e arrondissement comportant 10 ha de parc entourés de 3 500 logements. En application du plan climat de la capitale, les bâtiments répondront à de belles exigences environnementales (basse consommation). Les commercialisations devraient démarrer fin 2008/début 2009 avec Nexity pour pionnier.


Sur Paris Nord-Est, la Zac Claude Bernard du 19e arrondissement va marier basse consommation, architecture ambitieuse, tramway et développement économique pour une sortie dans les bureaux de vente de Meunier au er semestre 2009. Paul Sorel, le directeur général du promoteur en Ile-de-France, a les mots pour résumer les enjeux des écoquartiers : "Les opérateurs ont aujourd'hui une bonne visibilité du bâti certifié. Maintenant, il leur faut aller plus loin et adopter une approche urbaine.Cela ne signifie pas créer un ghetto vert, mais un quartier en réelle interaction avec les constructions voisines sur le plan environnemental, social et économique.Au solaire, à l'énergie renouvelable, au choix des matériaux doit s'ajouter une mixité au-delà du logement social entre des populations d'étudiants, de jeunes seniors, de retraités…". Un modèle de société qui s'imprime dans l'emplacement des voies piétonnes et du parking, le tracé des rues, les moyens de transport et la présence d'emplois sur site (dans la gestion des espaces verts ou le traitement de l'eau par exemple) pour éviter les déplacements. Qui sera l'écocitadin des temps futurs ? "Nous risquons d'avoir des surprises, répond le constructeur, d'après les réunions de quartier que nous avons organisées sur un projet de Mantes-la-Ville, nous anticipons une clientèle beaucoup plus large que celle des bobos et des jeunes actifs. Toutes les catégories sociales se sentaient concernées et nous avons constaté une implication vraiment forte de leur part".


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