Du neuf dans la capitale

Ce pessimisme reflète une situation de crise réelle et pas seulement pour les catégories sociales les plus fragiles et les plus démunies.

Du neuf dans la capitale
Du neuf dans la capitale

"La primo-accession touche encore les arrondissements dits populaires, mais on assiste à un nivellement des prix par le haut", estime ainsi la note de conjoncture établie par les agences Laforêt en juin 2006. Et les notaires faisaient remarquer lors de leur dernier point presse, début octobre : "Selon les études préalables au Schéma directeur de la région d'Ile-de-France, il faudrait construire annuellement près de 60 000 logements neufs sur une longue période pour résoudre le déséquilibre que connaît la région parisienne." Les familles aux revenus moyens sont refoulées vers la banlieue, tout comme les jeunes couples, même avec de bons salaires, à moins de bénéficier d'un substantiel apport parental. La capitale vit pourtant au rythme de grands chantiers et de projets d'aménagement ambitieux qui permettent de livrer des logements neufs, même s'ils ne suffisent pas à répondre à l'ensemble des besoins. Du nord au sud et d'ouest en est, les opérations d'aménagement concernent 940 ha, soit 10 % du territoire de la capitale. Outre la livraison de nouveaux habitats - parmi lesquels 4 000 logements sociaux chaque année - ces travaux ont pour but de : "Réparer les blessures de la ville, recoudre son tissu urbain, favoriser l'audace et même l'impertinence architecturale et favoriser peu à peu l'émergence d'une cité moderne", dixit le maire, Bertrand Delanoë.


Equipements culturels, réaménagement des voies de circulation - qui fait grincer des dents nombre d'automobilistes ! - création d'espaces verts, équipements sportifs : la capitale évolue et se transforme.


Un marché étroit.


Neuf ou ancien, le marché immobilier parisien est cher et, pour ce qui est du neuf, extrêmement limité. Selon l'étude de la Chambre des notaires, les prix en 2006 s'établissent à 5 646 e/m2 pour les appartements anciens et 7 238 e/m2 pour le neuf. On observe d'ailleurs que l'écart des prix entre le neuf et l'ancien n'a cessé de se réduire : il était de 41 % en 2001 et ne représente plus aujourd'hui que 28,2 %. Les prix sont élevés mais, comme le remarque l'Adil (Association départementale d'information sur le logement) dans son étude sur le marché du neuf arrêtée au 1er trimestre 2006 : "Les prix semblent marquer une pause. L'évolution annuelle reste forte mais, pour la première fois depuis un an et demi, elle est inférieure à 10 %."


La décélération de la hausse semble donc se confirmer, l'Adil expliquant d'ailleurs que les résultats pour le reste de l'année 2006 vont dans le même sens. Mais attention, pause de l'augmentation ne signifie pas baisse des prix : les hausses à deux chiffres de ces cinq dernières années ont porté les prix à la limite de ce que peuvent payer les acquéreurs, même lorsqu'ils bénéficient de l'apport d'une revente.


L'étude des agences Laforêt le montre et recoupe les commentaires d'autres professionnels parisiens : l'écart se creuse entre les prétentions des vendeurs et ce que les acquéreurs sont prêts à débourser. Ces derniers ont la dent plus dure dans les négociations et, commente l'étude : "Le délai moyen de vente, entre la date de prise de mandat et la signature du compromis, est de 58 jours, contre 52 il y a un an. Cet allongement démontre une légère tension entre les prix proposés et les possibilités financières des acheteurs, sans pour autant provoquer une baisse ou un ralentissement significatif du marché."


Du côté du neuf, c'est le règne de la pénurie ! "A Paris, le marché reste résiduel et tributaire de quelques produits lancés au coup par coup. Le nombre de ventes fléchit à nouveau (- 41 % entre les premiers trimestres 2005 et 2006), passant au-dessous des 120 lots cédés. Les 13e et 15e arrondissements concentrent à eux seuls 42 % des ventes de ce trimestre", analyse l'Adil de Paris.


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