Du côté des taux

Il vous suffit de surfer sur internet ou d'aller faire le tour des banques pour vous en apercevoir : les conditions de crédit restent attractives. Si l'on considère les taux fixes actuels, à moins de 4 % (taux pour un très bon dossier) et une inflation à 2 %, le crédit coûte à peine 2 % l'an. Alors même que les taux ont remonté au cours du 1er semestre 2006. Surtout les taux révisables qui s'adossent sur le loyer de l'argent à court terme en nette progression depuis le début de l'année 2006. Les taux fixes, eux, qui avaient aussi monté, sont de nouveau à la baisse. Ce n'est qu'une légère baisse, mais qui laisse un peu de répit aux emprunteurs. Selon le dernier baromètre des taux Empruntis, un courtier en crédit, les taux fixent démarrent à 3,55 % sur 15 ans, 3,75 % sur 20 ans et 3,85 % sur 25 ans. Ces conditions restent donc très attractives. Mais, rien n'est plus fluctuant que les taux. Qui sait si, dans quelques mois, vous bénéficierez encore d'un environnement aussi favorable. Et, si comme tout le monde, vous préférez payer une mensualité plutôt que de continuer à verser des loyers à fonds perdus, inutile d'attendre plus longtemps. Ce n'est pas non plus une raison pour vous précipiter sur n'importe quelle offre sans réfléchir. Le taux n'est pas le seul critère à retenir et tous les crédits ne sont pas forcément adaptés à votre situation. Sachez donc choisir la formule qui vous convient.

Du côté des taux
Du côté des taux

Les prêts de longue durée dominent le marché.


Si vous êtes primo-accédant et que vous ne possédez pas beaucoup d'économies, une solution : le crédit à très long terme. Une option qui peut se révéler intéressante. Car au lieu d'attendre d'avoir suffisamment d'argent, et risquer que les taux soient beaucoup plus élevés, ces prêts vous permettent d'alléger votre mensualité pour ne pas trop vous endetter. Cet allégement peut vous permettre de ne pas dépenser plus qu'un loyer, tout en devenant propriétaire. Ou bien de continuer à vivre sans trop amputer sur vos autres dépenses. Selon l'Observatoire des crédits immobiliers publié récemment par Meilleurtaux, le leader des courtiers en crédit, l'allongement de la durée des prêts immobiliers augmente de 20 à 30 % la capacité d'emprunt lorsque le crédit passe de 15 à 20 ou 25 ans. C'est une évidence : si vous mettez plus de temps à rembourser, votre mensualité sera plus faible. Ainsi, en empruntant 180 000 e à 3,95 % sur 20 ans, vous paierez chaque mois 1 086 e à votre banque. Sur 25 ans, en prenant l'hypothèse que le taux passe à 4,10 %, votre échéance sera ramenée à 955 e par mois. La différence n'est pas négligeable. Elle peut vous permettre de ne pas dépenser plus que votre ancien loyer, tout en devenant propriétaire. Ou bien de continuer à vivre sans trop amputer sur vos autres dépenses. Force est de constater que, compte tenu de la hausse des prix de l'immobilier, ce type de financement a le vent en poupe. Les prêts sur 25 ans dont la production était insignifiante il y a 5 ans, atteignent désormais 30 % du total des financements immobiliers. Les prêts sur 30 ans commencent aussi à faire des émules. Il existe même des prêts sur 35 ans. Sans compter que les prêts sur 40 ans sont en passe de débarquer sur le marché français, notamment par le biais d'une banque espagnole. De là à penser qu'ils pourraient rencontrer l'adhésion des acquéreurs, il n'y a qu'un pas… à ne pas forcément franchir. Il faut en effet reconnaître que les Français n'y sont pas, contrairement à des pays comme l'Espagne ou le Portugal, encore très favorables. Quoi qu'il en soit, fautil se laisser tenter par ces formules à très long terme ? Pourquoi pas. A condition d'être bien conscients des limites de ces formules. Si vous empruntez sur une très longue période, ditesvous bien que la banque vous fera payer le risque lié au temps mis pour rembourser. En dehors du taux forcément plus élevé pour une formule à très long terme, il faut savoir que moins vite vous remboursez, plus les intérêts s'accumuleront. Si nous considérons notre crédit de 180 000 e, sur 25 ans, vous devrez débourser 25 860 e de plus que pour un crédit sur 20 ans. Un surcoût non négligeable.


La modularité pour réduire la durée dans le temps.


Pour ces formules à très long terme, les banques proposent des souplesses supplémentaires, notamment le remboursement anticipé sans pénalité (en général 3 % maximum du capital restant dû) ainsi que la modularité des échéances. En quoi cela consiste-t-il ? Il s'agit tout simplement de vous laisser une certaine liberté dans la gestion de votre crédit. Si vous êtes en début de carrière, vous pouvez espérer que vos revenus vont progresser et vous permettre de rembourser plus vite votre crédit. D'ailleurs, toutes les banques le disent : un crédit à très long terme n'a pas vocation à être remboursé sur sa durée initiale. La modularité vous permet justement de profiter de l'amélioration de votre situation pour augmenter votre mensualité et donc solder votre crédit plus vite que prévu sans pénalité. Il en résultera forcément une économie toujours bonne à prendre. La modularité vous permet aussi de faire face à une dépense imprévue. Si votre voiture vous lâche et que vous devez en acheter une autre, vous pouvez diminuer votre mensualité pendant un certain temps. Sous certaines conditions cependant. Par exemple que cette diminution n'ait pas pour conséquence d'augmenter la durée initiale du crédit, auquel cas, cela suppose d'avoir procédé auparavant à une augmentation de l'échéance. Ou qu'elle l'allonge mais de façon très limitée. Quoi qu'il en soit, sachez qu'une diminution de mensualité renchérit le crédit. Ce qui n'est jamais une bonne chose pour vous. Sauf si vous ne pouvez pas faire autrement. Une autre souplesse peut vous être proposée par la banque : les prêts à paliers, qui ont pour objectif de proposer une mensualité constante sur toute la durée du crédit, même si vous avez plusieurs emprunts à rembourser.


Etoffez au maximum votre apport.


Avant d'aller voir votre banque et d'emprunter sur 25 ou 30 ans, prenez la peine de vérifier que vous n'avez pas droit à un prêt à 0 %, à un prêt du 1 % logement ou encore à une aide de votre département ou de votre région. Ces aides sont généralement consenties à des taux attractifs (mais pas toujours…). Si vous correspondez à leurs critères d'attribution, vous pouvez réaliser de sérieuses économies. Par exemple, le prêt à 0 % ne vous coûte rien en intérêts et vous permet, en cas de revenus modestes, de rembourser avec un différé d'amortissement. Ce qui peut vous soulager les premières années. Et son montant n'est pas négligeable puisqu'il peut aller de 11 000 à 32 500 e selon la composition de votre foyer et votre lieu d'habitation. En outre, depuis le 1er janvier 2007, vous pouvez bénéficier d'un complément de prêt : jusqu'à 15 000 e. Dans certaines villes (Paris, Toulouse, Nantes…) et départements (Hauts-de-Seine, Alpes-Maritimes, Ille-et-Vilaine, Côtes-d'Armor, Ain, Corrèze…), des compléments peuvent vous être attribués. Alors, pourquoi vous en priver ? Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre Agence départementale d'information sur le logement (Adil).


Service

Prenez rendez-vous avec un diagnostiqueur