Djamel Klouche

La Seine-Saint-Denis : Tokyo potentiel

Djamel Klouche
Djamel Klouche

Marier l'existant et le contemporain tel est le credo architectural défendu par Djamel Klouche.



Sa sélection sur le projet du Grand Paris a-t-elle influé sur la carrière de Djamel Klouche ? “Probablement, répond l'architecte.


Grâce à ça, l'agence est passée du statut de connue à reconnue.”Ce grand dossier lui a surtout donné l'occasion de “militer” pour des solutions de bon sens. Par exemple, “on pourrait mutualiser les conventions Anru entre La Courneuve et Stains pour formuler des projets puissants”, suggère-t-il. Ou lancer des “mini opérations d'intérêt national, à valeur exemplaire”. Ou encore “inventer dans les lotissements existants, hérités de la même époque que les grands ensembles”… En s'appuyant sur le travail historique de l'École de Versailles, où il enseigne, l'architecte fut l'un des rares à s'intéresser à Paris. À la manière d'un “Très Très Grand Louvre”, encore plus richement doté en services, il équiperait le patrimoine pour la vie contemporaine, pourquoi pas entre les gares de l'Est et du Nord, ou dans le métro ? Voilà une somme d'idées qui ne s'éteindra sans doute pas, puisque les dix équipes du Grand Paris projettent de créer un atelier à disposition des élus locaux. Pour autant, la métropole de 2030 n'est qu'un chapitre de l'histoire de Djamel Klouche. Né en Algérie, arrivé en France à 17 ans, il revendique la dimension “critique et peut-être un peu plus lucide” de sa double appartenance.


Son agence, l'AUC (Ab Urbe Condita), porte un nom latin qui signifie “depuis la création de la ville”, promettant déjà de l'intérêt pour l'existant. Les locaux – un atelier textile réhabilité – se situent dans le 10e arrondissement.


La quinzaine de collaborateurs planchent sur la Seine-Saint-Denis, comme à son habitude, mais aussi sur des logements pour étudiants (avec Icade) de l'entrepôt Mac Donald et sur la porte de La Chapelle. Au-delà, l'agence est en finale du très beau concours de la Plaine du Var, à Nice. Lille et Bordeaux lui ont confié des projets… Dans sa vie personnelle, l'urbaniste voyage souvent pour son plaisir, curieux des villes, épris de Tokyo qui mélange sans choc l'ancien et le contemporain, l'habitat collectif et individuel. En ce sens, la Seine-Saint-Denis lui semble un… “Tokyo potentiel”.



REPÈRES


1966 : Naît à Tlemcen, en Algérie.


1992 :Obtient son diplôme d'architecte (École Paris-la-Seine) ; DESS “Aménagement, urbanisme et développement local” (Institut d'études politiques de Paris) ; urbaniste titulaire du DEA “Territoires urbains” (École des hautes études en sciences sociales).


1996 : Fonde l'AUC avec François Decoster et Caroline Poulin, sa compagne et mère de ses deux enfants. Depuis 2002 : Enseigne à l'École nationale d'architecture de Versailles.


2002 : Lauréat des Nouveaux Albums des Jeunes Architectes.


2008-2009 : Sélectionné parmi les 10 équipes internationales du Grand Paris.


Projets en cours : Reconversion de halles industrielles en quartier écologique (16 hectares) à Fives, un faubourg de Lille ; études urbaines du territoire du futur pont de Bordeaux, livré en 2013 (10 hectares) et de la porte de la Chapelle (600 logements, tertiaire, équipements).

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