Des matériaux intelligents…

D'après le laboratoire de technologies industrielles : "L’évolution technologique des matériaux en terme de performance, a induit un développement important d’élaboration des matériaux. Ce développement s'appuie essentiellement sur l’alliance des performances des différents constituants. L’industrie s’est notamment orientée vers des traitements de surface, pour obtenir les qualités requises pour leurs matériaux.On évolue également vers l'élaboration de nanocomposites". En clair, les nanotechnologies permettent d'envisager de nouveaux matériaux dits “sensibles” ou “intelligents”, c'est-à-dire munis de composants leur permettant de réagir à leur milieu. “Certains plastiques intègrent, par exemple, des paraffines qui régulent la température dans les deux sens et peuvent être utilisés en revêtements de sol. On trouve aussi des façades de bâtiments en béton intégrant des nanocomposants “non polluants” ou des faux plafonds en Knov qui intègrent des micro éléments encapsulés permettant de nettoyer l'air ambiant”, illustre Quentin Hirsinger. Le développement de nanocomposites constitue une véritable révolution dans le processus de mise au point des matériaux. Ils permettent en effet non seulement d'en contrôler et d'en améliorer les performances, mais aussi de les adapter presque parfaitement à leur fonction.

Des matériaux intelligents…
Des matériaux intelligents…

… et sains !


Des matériaux intelligents c'est bien, des matériaux durables, c'est encore mieux ! C'est même le défi principal de ce nouveau millénaire. Le choix d'ignorer les aspects néfastes d'un matériau peut entraîner de véritables catastrophes sanitaires, comme celle de l'amiante. Et la société réalise aujourd'hui que le fait d'ignorer les conséquences de l'acte de bâtir sur notre environnement, engendre les mêmes effets. “Il faut que tous les acteurs du bâtiment prennent conscience d'une réalité simple : certains matériaux de base, des ressources aussi naturelles que le sable, la pierre, la terre, l'eau ne sont pas extensibles à l'infini. Dès que nous imaginons un projet, nous devons en mesurer l'impact sur la nature et les ressources naturelles”, estime Françoise-Hélène Jourdain, architecte et enseignante à l'université, qui s'insurge contre les “bétonneurs qui expliquent que le bloc béton est un matériau durable, alors que les cimentiers en sont à envisager de draguer les fonds sous-marins,avec les bouleversements écologiques que cela suppose, pour récupérer du sable !” Que faire alors ? Privilégier les éco-matériaux d'abord, comme le bois lorsqu'il est issu de forêts gérées et proches, mais aussi des matériaux plus insolites, comme la brique en terre, les déchets de noix de coco, qui font de très beaux revêtements, la laine de lin ou les panneaux de chanvre qui fournissent des isolants performants, les déchets de pierre qui peuvent être utilisés pour reconstituer de la pierre et éviter ainsi un nouveau cycle de transports, etc. La paille est également devenue un matériau de construction intéressant et fiable… Mais sans doute victime du syndrome “Trois petits cochons”, elle est encore boudée par les Français, l'hexagone ne comptant qu'une vingtaine de maisons en paille. Mais attention, prévient Quentin Hirsinger : "Il est difficile d'étiqueter un matériau bon ou mauvais pour l'environnement car cela dépend avant tout de l'utilisation qu'on en fait. Le film ETF par exemple, est un matériau non biodégradable, a priori pas intéressant d'un point de vue écologique. Pourtant, utilisé dans le bâtiment, comme il l'a été pour la piscine olympique de Pékin, il est intéressant car sa production demande très peu d'énergie, son poids est faible et il est complètement recyclable". Reste une règle de base : se souvenir que les matériaux, même ceux qui nous paraissent les plus simples et les plus naturels, sont précieux et rares. Il ne faut donc plus construire comme si les ressources étaient infinies, mais toujours se poser la question d'en utiliser le moins possible, en concevant des projets qui pèsent moins lourd en terme de consommation d'énergie et de matériaux, et pourquoi pas, en se posant le problème de construire des bâtiments démontables, dont les matériaux puissent être réutilisés…


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