Des freins subsistent

Spécialiste en domotique, Bruno de Latour vante les mérites de la domotique. “Les scénarios qu’elle permet sont multiples et gages d’un confort infini. Exemple : je rentre chez moi, j’appuie sur un seul bouton, et l’alarme se coupe, les volets s’ouvrent, la lumière de l’entrée s’allume, le chauffage passe à une température confortable pour moi. Autre cas de figure possible : je m’assieds sur le canapé pour lire, l’éclairage se met alors à 70 %, le chauffage monte de 3 °, la musique baisse de 60 %,et la télé s’éteint, détaille-t-il. La domotique, c’est très utile pour apporter du confort, protéger les gens, aider les personnes âgées ou handicapées, et rationaliser les consommations d’énergie. Ainsi, la domotique permet de naviguer entre l’éolien, le solaire, la pompe à chaleur… selon ce qui est préférable au fil des heures. Si vous travaillez à la maison, vous utilisez dans la journée votre bureau, plus une ou deux autres pièces maximum. Les autres pièces sont alors mises automatiquement en hors gel. Oui, on peut vivre dans un château et utiliser seulement trois pièces !”Malgré tous ses avantages, la domotique peine pourtant à séduire le plus grand nombre. Quels sont les freins qui expliquent le désamour des Français pour cette technologie ? “D’une part, il faut arriver à une grande simplicité d’utilisation, des modes d’emploi hypersimples à lire.Ce n’était pas forcément le cas jusqu’à présent, mais on est en train d’y parvenir. Par exemple, on voit apparaître sur le marché des ardoises tactiles, sans fil. Il y a également un manque criant de formation des électriciens/domoticiens.Nous sommes très “pauvres” en France, dans le sens où très peu de sociétés se sont lancées pour l’instant sur ce segment. Ces spécialistes doivent savoir écouter les utilisateurs, pour répondre au mieux aux besoins, et proposer un système le plus souple possible.Enfin, il y a des lacunes en communication. La domotique devrait être intégrée automatiquement aux logements.” Le prix, lui, n’est pas si élevé que ça. “Quand on construit une maison, il faut ajouter de 2 à 4 % du prix pour y intégrer un système domotique”, affirme Philippe Bonnetain, directeur technique de MCP Promotion, constructeur de maisons individuelles à Lyon.

Des freins subsistent
Des freins subsistent

La maison du futur


Pour exploiter toutes les innovations qui fusent au sein de ses labos, le CNRS a mis sur les rails sa “maison du futur”. “Le but est de montrer tout ce qui est réalisable aujourd’hui. C’est un véritable catalogue de bonnes intentions pour l’avenir”, détaille Eric Campo, enseignant-chercheur au Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (Laas) de Toulouse. Ce bâtiment, résolument tourné vers l’avenir, imagine des scènes de la vie quotidienne d’une famille française… en 2020. L’idée : obtenir un aperçu des multiples services “intelligents” que pourrait nous rendre aprèsdemain un “smart home” pensé pour nous obéir au doigt et à l’oeil. La visite guidée de cette maison révèle une foule de trouvailles domotiques (qui existent déjà) : une webcam intelligente, qui filme les enfants dans leur bain et reconnaît les situations à risque. Un robot aide-ménager pour tondre la pelouse, passer l’aspirateur, sortir les poubelles. Un réfrigérateur intelligent qui affiche son contenu et propose des menus adaptés au régime de celui qui s’en approche. Des capteurs biologiques qui, portés au poignet, contrôlent la température, la tension, la glycémie... Et envoient un signal d’alerte au centre médical en cas de problème, etc. Si les services rendus par la domotique étaient, il y a une vingtaine d’années, perçus comme des “gadgets” hors de prix réservés aux passionnés de technique, le CNRS pense que la situation est en train de changer. Besoins soigneusement identifiés, technologies mieux maîtrisées, coûts à la baisse : toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour que le grand public succombe aux sirènes de la domotique...


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