Des crédits toujours plus longs

Malgré le jeu de yo-yo des taux fixes qui ont grimpé au 1er semestre 2006 puis commencé de baisser au second, force est de constater que le crédit immobilier coûte plus cher aujourd'hui qu'il y a un an. En décembre 2005, emprunter 150 000 € à 3,55 % sur 15 ans signifiait rembourser 1 076 € par mois et le coût du crédit revenait à 43 680 €. Aujourd'hui, le même prêt consenti à 3,95 % (taux fixe) implique une mensualité de 1 105 €, soit 29 € de plus et un coût de crédit qui passe à 49 039 €, soit 5 359 €. A taux révisable, en supposant qu'il n'y ait pas de hausse et que le taux reste identique pendant 15 ans, un même emprunt souscrit à 3,15 % en 2005 et à 3,60 aujourd'hui, fait grimper la mensualité à 1 079 €, soit 33 € de plus par mois, entraînant un coût supplémentaire de 5 935 €.

Des crédits toujours plus longs
Des crédits toujours plus longs

Dans leur ensemble, les spécialistes estiment qu'il n'y a pas lieu d'être inquiets pour 2007. "Les prévisions de taux à long terme pour l'année 2007 restent extrêmement favorables aux emprunteurs. Ils continueront de profiter de taux d'intérêt très bas durant toute l'année, pronostique Meilleurtaux.com. La très grande majorité des spécialistes anticipe une stabilisation ou une très légère hausse des taux à long terme d'ici la fin de 2007. Le taux à 10 ans des marchés financiers devrait se situer entre 3,90 et 4 %. Cet environnement de taux d'emprunt très favorable continuera de jouer un rôle positif sur le marché immobilier." Même son de cloche au Crédit Foncier : "Les taux d'intérêt restent peu élevés, notamment les taux longs. Le coût des ressources longues va rester relativement bas car, à l'échelle mondiale, les liquidités sont très importantes. Avec un nombre de transaction en diminution depuis l'été dernier, la hausse des prix du mètre carré ralentit et on assiste à un atterrissage en douceur. Mais on ne prévoit pas de recul dans les prochains mois."


Les primo-accédants pénalisés.


Mieux vaut qu'ils aient raison. Car malgré tout, la hausse des taux d'intérêt, conjuguée à celle des prix de l'immobilier, pénalise les acquéreurs modestes et notamment les primo-accédants. Tous les professionnels en conviennent. En témoigne d'ailleurs une toute récente étude réalisée pour le Crédit Foncier : "L'évolution des prix depuis 1998 réduit la primo-accession des plus modestes ou leur impose des choix d'implantation pénalisants (…). Entre 1999 et 2005, le revenu disponible brut des ménages a progressé de 25,8 % quand les prix des logements anciens gagnaient 90,1 % et ceux des logements neufs 72,4 %." Résultat, l'achat d'un logement qui représentait l'équivalent de 3 années de revenus en 1995, en réclame désormais 4. Et si cela ne décourage pas les acquéreurs, en revanche, cela les oblige à revoir leurs prétentions à la baisse. En 2005, la capacité d'achat moyenne des primo-accédants correspondait à 48,8 m2 contre 59 en 2000. Il serait donc temps que les prix comme les taux fassent une pause.


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