Créer de nouveaux quartiers

Interview de Christian Rolloy, président de Promogim.

Créer de nouveaux quartiers
Créer de nouveaux quartiers

Quelles sont, selon vous, les priorités pour sortir de la crise du logement ?


La priorité est de mettre en œuvre une politique qui permettra d’augmenter l’offre, de stabiliser les prix et de ne plus mener de politique qui subventionne la demande et qui, de fait, augmente les prix. Je considère qu’il faut agir sur le foncier, et mettre en œuvre une politique favorisant l’aménagement à des coûts maitrisés. Pour dégager du foncier, il est nécessaire de  faire naître de nouveaux quartiers, de nouvelles infrastructures dans les grandes agglomérations, de recréer des villes nouvelles comme cela a été fait dans les années 60 et 70. C’est en fabriquant du foncier constructible nouveau que la pression sur le prix des terrains se calmera et que nous pourrons offrir des logements à toutes les catégories d’accédants.


Quelles solutions permettraient de favoriser l’accession à la propriété ?


Il faut une neutralité fiscale entre accession et locatif social. L’une des raisons pour lesquelles l’accession est trop chère est que nous sommes contraints de construire un certain nombre de logements réservés au social, qui sont achetés par les bailleurs sociaux au-dessous du prix de revient. Pour équilibrer nos opérations, nous sommes bien obligés de répercuter la différence sur les accédants, qui paient donc plus cher leurs logements. Il me paraît donc primordial de revenir à une aide à la personne et non à la demande. Commençons par faire payer à chacun le prix qu’il doit payer sans faire supporter la charge à d’autres. Pourquoi un primo-accédant, qui prend le risque d’acheter et de s’endetter sur de nombreuses années, devrait-il participer au financement du logement social ? L’incidence n’est pas neutre, puisqu’elle représente 2 à 3 % du prix d’un logement. Renoncer à cette logique permettrait de faire baisser les prix. Les coûts de construction sont également responsables de la hausse. Pour preuve, en 2011, alors que l’on constatait une baisse des ventes, le coût de la construction a augmenté de 6,86 %. Il faut que les entreprises fassent également des efforts. Pour aider l’accession, conserver le PTZ+ est indispensable. S’il pouvait être réaménagé pour améliorer les durées de remboursement, ce serait idéal, mais mes réflexions vont dans le sens d’une maîtrise des coûts pour les finances publiques.




Faudra-t-il un dispositif d'investissement locatif pour succéder au Scellier en 2013 ? Si oui, sous quelle forme ?


Il faudra bien sûr un nouveau dispositif si on veut que les investisseurs privés soient présents. Pour ma part, je propose de créer un régime de société civile d’investissement locatif qui serait une société personnelle mais qui aurait un statut fiscal comparable à celui d’une entreprise. Il n’y aurait pas de subvention et cela ne coûterait pas grand-chose à l’Etat. L’investisseur aurait le droit d’amortir son bien sur trente ans, par exemple à hauteur de 3 % par an. Il serait, par ailleurs, exonéré d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sur les logements qu’il détiendrait en patrimoine jusqu’à un certain montant, à condition que l’investissement soit durable. Les particuliers doivent trouver un intérêt à l’investissement, sinon ils s’en détournent. Il faut une politique pérenne sur cinq, voire dix ans, qui offre une vision claire aux acteurs du logement. En tant que promoteur, notre cycle de production est de l’ordre de trois ans et nous n’avons, aujourd’hui, aucune certitude à court ou à moyen terme.

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