Construire vert – immobilier et écologie

Comme tous les grands secteurs de l’économie, celui de la promotion immobilière se pose les problèmes de l’environnement. C’est d’ailleurs le thème que la FPC (Fédération des promoteurs-constructeurs) avait retenu pour l’année 2005. Et là encore, l'Etat pousse dans le même sens : la RT 2005 par exemple, qui favorise les énergies renouvelables et souhaite limiter le recours à la climatisation en divisant la France en 8 zones climatiques.

Construire vert – immobilier et écologie
Construire vert – immobilier et écologie

Une volonté politique internationale.


A l'échelle internationale, les accords de Kyoto visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre contraignent les pays signataires à revoir leur politique énergétique, s'ajoutant aux augmentations du prix du fioul, du pétrole et du gaz naturel. Les pouvoirs publics européens ont pris le relais et demandent aujourd'hui aux professionnels du bâtiment de réduire dans des proportions importantes la consommation énergétique des logements livrés. La directive 2002/91 fixe ainsi des objectifs d'économies d'énergie à l'intérieur des bâtiments existants ou à construire, impose des études sur la mise en place de systèmes permettant des économies d'énergie, prévoit la remise aux acquéreurs d'un certificat de performance énergétique de moins de 10 ans et la mise en place de contrôles périodiques des chaudières et climatiseurs. Construire en dépensant moins d’énergie, en maîtrisant les nuisances des chantiers, en choisissant les matériaux de construction en fonction de leur impact sur l’environnement, en privilégiant des productions d’énergie “verte” comme les panneaux solaires, la maîtrise de la consommation d’eau, etc. Tels sont les principaux défis posés par le respect de l’environnement. Ce sont aussi les principaux critères pris en compte par Cerqual pour attribuer l’une des dernières-nées parmi ses certifications “Habitat & Environnement”. Créée il y a 10 ans, l'association HQE® (Haute Qualité Environnementale) travaille dans ce sens. Si la HQE® s'est d'abord développée dans les bâtiments tertiaires et les équipements publics (écoles, collèges, etc.), elle s'étend aujourd'hui au logement. Et après la certification Habitat & Environnement, une autre vient de naître, qui concerne les constructeurs de maisons individuelles et leurs clients. Tout comme sa sœur jumelle concernant les maisons ou programmes collectifs des promoteurs, la certification NF Maison Individuelle démarche HQE distingue les maisons de constructeurs qui prennent en compte leur environnement et sa préservation, les nuisances de proximité et celles du chantier et privilégient les énergies renouvelables et les matériaux à faible impact environnemental, sans oublier bien sûr la maîtrise des consommations d'énergie et d'eau.


Citoyen responsable…et économe.


Si les promoteurs expriment des inquiétudes quant aux surcoûts liés à la qualité environnementale, dans un contexte où les prix sont déjà très élevés, ils sont de plus en plus nombreux à jouer le jeu. Les enjeux du développement durable étaient même le thème du congrès de la FPC en 2005 et dans son discours de clôture, le président avait alors déclaré : “La terre, on ne l'hérite pas de nos parents mais on l'emprunte à nos enfants. Nous sommes donc résolument favorables à la mise en œuvre d'une démarche environnementale qui s'appuie sur une politique d'économies d'énergies, de développement des énergies renouvelables et de financements à la hauteur des enjeux”. La construction immobilière figure parmi les activités humaines qui augmentent considérablement l'effet de serre. Directement du fait de la fabrication des matériaux, et indirectement par son fonctionnement, grand consommateur d'énergies et surtout par les transports routiers induits par un urbanisme de plus en plus étalé. En France, où l'énergie nucléaire est développée, le transport routier est le premier producteur de l'effet de serre. Une fois fait ce constat, reste aux promoteurs à trouver les moyens de construire autrement. “Il s'agit avant tout d'une démarche sur le long terme, pour le logement comme pour le reste. Cela veut dire se poser la question “est-ce que mon logement va durer longtemps ?”.La réponse n'est pas forcément évidente : on peut faire des erreurs de bonne foi, sur la base des techniques dont on dispose sur le moment et des modes de vie de l'époque” explique Marc Pigeon. Aujourd'hui, les promoteurs sont à un tournant de leur métier : il faut mettre en avant d'autres formes d'énergie, économiser des matières premières qui paraissaient inépuisables, comme l'eau par exemple. “Cette sensation qu'il va falloir construire autrement, tous les promoteurs la ressentent” conclut Marc Pigeon. En témoignent les 1 500 certifications Habitat & Environnement délivrées en 2005 et les 14 000 demandes de certification enregistrées cette même année. Plusieurs grands noms de la promotion immobilière, comme Meunier Habitat Ile-de-France ou Expansiel par exemple, s'engagent pour la totalité de leur production.


Programmes verts.


D'autres commencent par certaines de leurs opérations, comme Bouygues Immobilier dont le programme de 35 maisons en village des Yvelines est certifié Habitat & Environnement. Le même promoteur a inauguré en mai dernier une résidence à Carrières-sous-Poissy qui “s'inscrit dans une véritable démarche de développement durable”. Au programme, l'aménagement des espaces publics en circulation douce, un choix de matériaux et d'aménagements conforme aux exigences environnementales, sans oublier la création des vide-sanitaires nécessaires aux expansions des crues, le programme étant situé en bordure de Seine. Chez Bouwfonds Marignan, la mobilisation en faveur du développement durable se traduit concrètement par l'emploi de nouvelles technologies pour économiser les ressources naturelles. Deux opérations à Lyon ont par exemple été dotées de systèmes thermodynamiques innovants, de type pompe à chaleur. Le palmarès des Pyramides d'Or 2006, dont l'une des récompenses couronne le “Logement Durable”, illustre la généralisation de cette préoccupation et les expériences menées par tous les promoteurs dans ce sens. La troisième édition de ce concours, organisé sous l'égide de la FPC, a couronné des programmes immobiliers suivant des critères de performances esthétiques et de qualité, mais aussi en fonction de leur durabilité et de leur intégration environnementale. Parmi l'ensemble des récompenses attribuées, le prix du logement durable, parrainé par la Caisse des Dépôts, a été attribué au programme Les Allées de la Leyre construit par Nexity George V au Teich, dans la belle région d'Aquitaine, sous la houlette des architectes du cabinet Bondil & Farnier. Le prix de la qualité de vie au naturel, parrainé par Gaz de France distingue également une réalisation particulièrement performante en matière de respect de l'environnement et il est revenu cette année au programme d'Espacil Résidences, Le Mozart, construit à Vannes, dont l'architecte était le cabinet Alinéa. Enfin, le palmarès du Challenge Palm'Elec 2006, destiné lui aussi a promouvoir la qualité durable – et qui a rendu son verdict le 6 juillet dernier – a distingué le programme Antinéa que le groupe Arc a construit sur l'Ile de Nantes. Le jury a récompensé la conception des logements visant à limiter leur consommation d'énergie, avec capteurs solaires, récupération des eaux pluviales et terrasses végétalisées.


Souci d'économie.


Pour les professionnels, il s'agit également de sensibiliser leurs clients. C'est ainsi que les “livrets verts”, expliquant à l'occupant le meilleur moyen de tirer profit de son logement “développement durable” se généralisent. “Pour l'acquéreur, la préoccupation environnementale se traduit à deux niveaux, en un double objectif. Le premier geste est celui de préserver la nature, mais il implique également une dimension d'économies d'énergies, d'eau, qui préservent aussi son budget. Dans les années 2003-2005, un virage a été pris dans les modes de construction et je pense qu'il va s'amplifier à l'horizon 2010” estime Marc Pigeon. Il faut donc faire comprendre aux acquéreurs que la démarche développement durable n'est pas uniquement synonyme d'une préoccupation altruiste quant à l'avenir de la planète, mais qu'elle a également des répercussions immédiates sur leur portemonnaie ! Mais l'Etat a également un rôle à jouer, aux côtés des professionnels et des acquéreurs : car si le but est que la préoccupation environnementale devienne quelque chose de normal pour le commun des mortels, il faut véritablement organiser une économie du développement durable, dont le coût ne peut être supporté uniquement par les professionnels ou répercuté sur les prix de vente et donc à la charge des seuls acquéreurs. Les pouvoirs publics y sont sensibles et l'Etat a fait plusieurs gestes en ce sens. “L'Etat encourage le choix des énergies renouvelables et les comportements responsables en matière d'environnement avec une fiscalité avantageuse pour ceux qui choisissent d'équiper leur logement avec de bonnes chaudières ou d'équiper leur logement de panneaux solaires, etc. Ce qui s'applique en particulier au logement ancien doit pouvoir s'appliquer au neuf” estime Nelly Ollin, Ministre de l'écologie et du développement durable.


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