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Christophe Pinault, Directeur général adjoint en charge du pôle Particuliers du Crédit Foncier

L'immobilier demeure le meilleur placement pour la majorité des Français, qui ne renoncent pas aux fondamentaux. Christophe Pinault analyse pour nous les tendances du marché.

Christophe Pinault, Directeur général adjoint en charge du pôle Particuliers du Crédit Foncier
Christophe Pinault, Directeur général adjoint en charge du pôle Particuliers du Crédit Foncier

Les primo-accédants ont bien perçu les avantages du plan de relance.



Indicateur Bertrand : Malgré la conjoncture, les acquéreurs ont-ils envie de se lancer dans un premier achat immobilier ?


Christophe Pinault : Le marché du crédit immobilier s'est replié de près de 20 % l'an dernier, y compris dans la primo-accession. Notre production, au Crédit Foncier, a cependant enregistré une croissance de 31 % auprès des primo-accédants, occupant une part de marché de près de 10 %. En fait, comme révèle l'enquête que nous avions commandée au CSA en novembre 2009 sur la confiance dans l'avenir de clients primo-accédants, 74 % d'entre eux sont peu influencés par la crise. La gestation de leur projet dure deux ans. Crise ou pas, ils ne renoncent pas car leurs fondamentaux sont bien ancrés : 80 % ne veulent plus dépenser d'argent dans un loyer, un nombre équivalent souhaite transmettre un patrimoine aux proches et 90 % entendent aménager à leur guise “leur” logement. À leurs yeux, l'immobilier demeure le meilleur placement devant l'assurance-vie et le plan d'épargne logement. C'est un vrai projet de vie qui s'inscrit dans le temps et passe par des efforts financiers importants, dont la réduction de certaines dépenses (crédit à la consommation, loisirs, vêtements et vacances).



I. B. : Et combien investissentils pour devenir propriétaires ?


C. P. : Ils achètent en moyenne un bien de 160 000 euros avec un emprunt de 150 000 euros.



I. B. : De quelles aides à l'accession à la propriété peuvent-ils tirer parti ?


C. P. : Les primo-accédants ont bien perçu les avantages du plan de relance, mais ils doivent être conseillés. S'ils n'optimisent pas les différentes solutions possibles, beaucoup d'entre eux ne pourront pas réaliser leur opération. Leur dispositif favori, depuis le 15 janvier 2009, est le doublement du nouveau prêt à 0 % dans le neuf. L'impact du dispositif est très net dans nos résultats : + 30 % de prêts ennombre et + 80 % en volume.


Seul l'immobilier neuf bénéficie du doublement du prêt. Le plan de relance l'avantage considérablement par rapport à l'ancien.



I. B. : Cela incite-t-il les acquéreurs à opter plutôt pour le neuf que l'ancien ?


C. P. : Sans doute, surtout là où le foncier demeure accessible. En utilisant les aides à bon escient, ils peuvent gagner 15 à 20 % sur leur investissement dans le neuf.


Parmi les autres aides possibles, se trouve le Pas (prêt à l'accession sociale), moins visible, mais donnant droit à l'APL. C'est un produit pour de plus petits revenus que le Crédit Foncier maîtrise bien puisqu'il distribue environ un Pas sur trois dans l'Hexagone. La plus récente des aides, le passfoncier, est lourde et complexe à mettre en oeuvre, mais commence à bien fonctionner.


Depuis la fin de l'année, elle s'applique aussi au collectif en permettant de ne rembourser dans un premier temps que le bâti (70 % du coût de l'opération) puis, dans un second temps, le terrain. Elle est par ailleurs éligible à la TVA réduite à 5,5 % au lieu de 19,6 %.



I. B. : Mais que se passe-t-il quand l'acquéreur en passfoncier revend rapidement, par exemple pour acheter plus grand ?


C. P. : Les textes d'application n'apportent pas de précisions spécifiques. Une instruction est en attente sur le sujet. Au Crédit Foncier, nous prévenons nos clients que, s'ils revendent dans les cinq ans, ils courent le risque de devoir rembourser l'avantage de TVA, dont ils ont bénéficié lors de l'achat. Cependant, une réponse officielle a été demandée aux pouvoirs publics, et des dispositions à ce sujet pourraient intervenir prochainement.

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