Christian Louis-Victor, Président de l'Union des maisons françaises

L'Union des maisons françaises rassemble près de 600 professionnels de la maison individuelle. Son président nous livre les perspectives et les défis à venir.

Christian Louis-Victor, Président de l'Union des maisons françaises
Christian Louis-Victor, Président de l'Union des maisons françaises

"Il faut que le plan de relance soit maintenu intégralement en 2010"



Indicateur Bertrand : Quelles sont les perspectives du marché de la maison individuelle en cette année 2010 ?


>Christian Louis-Victor : Je dois d'abord préciser que l'année 2009 a été celle du rebond.


Nous avions connu un début d'année très morose mais nous avons constaté un net redressement de la commercialisation des maisons neuves en secteurs diffus, à partir du mois de mars 2009 et une très forte accélération à partir du mois de septembre. Nous avons terminé l'année 2009 à plus 8 % par rapport aux ventes de l'année 2008. Nous avons obtenu de vraies performances en toute fin d'année avec une augmentation de 30 % en décembre 2009 par rapport au mois de décembre 2008. Nous avons terminé l'année avec 167 000 prises de commandes de maisons neuves en secteur diffus. Si l'on tient compte du taux d'annulation traditionnel autour de 12 %, nous devrions atteindre le chiffre de 150 000 maisons vendues. C'est donc une très bonne fin d'année qui explique en partie la bonne tenue de ce premier semestre 2010. On doit cette embellie au plan de relance du gouvernement et aux diverses d'aides comme le doublement du prêt à taux zéro, ou le pass-foncier, mais aussi à des mesures prises au niveau des régions et des collectivités locales. Nous sommes aujourd'hui à presque 48 % de taux d'aides sur une maison individuelle. Notre véritable inquiétude concerne la suppression du doublement du prêt à taux zéro, à la fin du mois de juin, qui a été un élément extrêmement mobilisateur en 2009 (le PTZ sera ensuite seulement bonifié). Un autre sujet également nous préoccupe, celui du fonctionnement du pass-foncier. Il est très difficile de mener à bien des opérations dans le cadre de ce dispositif. Le montage administratif reste très lourd car il implique plusieurs acteurs : l'organisme collecteur du 1 %, les collectivités locales, les collectivités territoriales, les banques les constructeurs. Il faudrait une intervention de l'État pour redéfinir plus clairement les rôles de chacun En tout cas la bonne santé du marché immobilier au second semestre dépendra de l'attitude du gouvernement.


Y aura-t-il une certaine rigidité de l'état sur les dispositifs d'aides ? Ou va-t-il comprendre qu'il est essentiel que le plan de relance soit maintenu dans son intégralité jusqu'à la fin de l'année 2010 ?



I. B. : Quels sont les régions qui s'en sortent le mieux ?


>C. L.-V. : Les régions qui ont le mieux rebondi sont le Nord avec plus 24 %. l'Île-de-France avec 21 % et le Languedoc-Roussillon, plus 19 %. Les ventes de maisons ont une évolution sensiblement comparable à celle de la moyenne France, en Bretagne plus 12 %, dans les pays de la Loire, plus 10 % et dans la grande région lyonnaise plus 10 %. Les ventes sont en légère hausse mais en dessous de la moyenne France dans le Sud-Ouest plus 5 % et en région Paca + 7 %. La région qui connaît le plus de difficulté est la région Est. L'Alsace-Lorraine, la Bourgogne ou la Franche-Comté sont à moins 1 %.



I. B. : Comment abordez-vous les nouvelles normes 2012 ?


>C. L.-V. :Nous n'avons jamais été en retrait sur le volontarisme des pouvoirs publics en matière de renforcement d'économie d'énergie, et de maison basse


consommation d'énergie, nous nous sommes toujours situés en avance sur la norme. Certains de nos constructeurs sont à près de 50 % de leur construction en maison basse consommation.


L'Union souhaite que toutes les solutions énergétiques soient proposées et que la réglementation ne rétrécisse pas le choix à certaines énergies. Il ne faut pas privilégier une énergie à une autre.

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