Cergy-Pontoise, la populaire

L’agglomération de Cergy-Pontoise pourrait être comparée à une salade aux champignons avec beaucoup de verdure. Les champignons, ce sont 12 villes poussées très vite pour absorber l’essor démographique francilien, construisant 3 000 logements par an durant les dix premières années de la vie de l’agglomération. Côté verdure, des pelouses courent sur le quart du territoire, les forêts et le Vexin sont à proximité, une base nautique de 250 hectares longe l’Oise. Populaire, Cergy- Pontoise accueille 42 % de logements sociaux, mais aussi 20 000 étudiants et 90 000 actifs. La SNCF, le RER A sillonnant Cergy et le RER C arrivant à Pontoise, desservent le territoire. La Défense est à une demi-heure, mais la fréquence des rames est à améliorer. Cette “ville nouvelle”, née d’une utopie en 1969, a été rendue à la vie civile en 2003. Depuis lors, la communauté d’agglomération gère son destin. L’ancien : baisse des prix. Entre février et mai, selon les notaires, les prix des appartements anciens ont baissé (de - 0,2 % à - 1,4 %) dans tous les départements franciliens, à l’exception de Paris. Certains secteurs de Cergy- Pontoise ont reculé plus franchement sur un an, de mars à mars : - 3,3 % à Cergy, - 11,6 % à Pontoise. “L’acquéreur a repris la main en proposant son offre au vendeur”, justifie Alain Desseroy, responsable de l’agence Guy Hoquet de Pontoise. Les tarifs ressortent entre 2 300 et 2 600 euros/m2, bien inférieurs à la moyenne régionale de 4 600 euros. Et la hiérarchie entre les catégories de biens est forte : “Même à Cergy Saint- Christophe,ne vous fiez pas aux apparences, explique l’agent immobilier. Des studios tout simples côtoient de très beaux duplex donnant sur les étangs de Cergy.” À Pontoise, le centre-ville, assez petit, est très prisé, surtout par les jeunes cadres moyens. Un pavillon de moins de 100 m2 change de mains entre 280 000 et 320 000 euros et une belle meulière pour 330 000 euros, mais elle dépasse rarement 80m2 avec des salons de peu d’ampleur, sans rapport avec le goût actuel. D’autres quartiers sont recherchés, comme le bourg ancien Cergy-Village, les bords de l’Oise et les Hauts-de-Cergy. En revanche, un 100 m2 de Marcouville, à Pontoise, ne coûte guère plus de 150 000 euros en raison de sa proximité avec des HLM.

Cergy-Pontoise, la populaire
Cergy-Pontoise, la populaire

Le neuf : de la TVA à 5,5 % à la grande maison.


Selon le Capem, l’observatoire privé de l’immobilier francilien, l’offre neuve, en croissance d’environ 10 % depuis la fin de 2007, comprenait un peu plus de 400 lots en juin. Les ventes du premier semestre s’élèvent à 190 unités, après avoir été propulsées à 456 sur les douze mois de 2007. Les biens les plus vendus ont été les 2 et les 3-pièces, et l’on observe une légère remontée du 2-pièces et du studio. Le tarif se chiffre entre 3 200 et 3 500 euros/m2. Le programme le plus haut de gamme, les Hôtels Pissarro de Cogedim Citalis, se localise dans le coeur de Pontoise à près de 4 000 euros/m2. Les prix s’adoucissent à 3 100 euros/m2 à Saint-Ouen- L’Aumone. Il faut alors compter dans les 120 000 euros hors parking pour un studio, et 220 000 euros pour un 3-pièces (La Sier, Promogim, Sogeprom). Dans le même ordre de prix, un 4-pièces commercialisé par les Espaces Immobiliers vaut 250 000 euros à Osny. Pour ce qui est de la maison individuelle, l’optimum résidentiel en grande couronne, les belles surfaces partent entre 290 000 et 370 000 euros. Dernièrement, Sogeprom, ALM et Bouwfonds Marignan proposaient quelques 5-pièces dans ces prix. Ils se situaient soit à Pontoise, soit à Vauréal, une petite commune résidentielle à l’orée de Cergy, pavillonnaire à 70 % et dont le centreville, refait à neuf, s’anime de boutiques, de terrasses de café et de salles de spectacle. Trois grosses opérations d’habitat sont sur les bureaux des aménageurs de Cergy : près de la préfecture, le renouvellement urbain de La Croix-Petit, conventionné par l’Anru, la continuité des Hauts-de-Cergy et une future programmation proche du nouvel hôtel de ville, sur une architecture de Roland Castro. Les chiffres jonglent avec les milliers : 950 logements sur La Croix-Petit après démolition de 450 sociaux, 3 000 à terme sur les Hautsde- Cergy où sont sortis de terre 1 000 appartements. À La Croix-Petit, Icade a obtenu 30% de réservations en quatre mois, auxquelles la TVA à 5,5 % n’est sans doute pas étrangère. Autres promoteurs sur le site : Kaufman & Broad, Sogeprom, Vinci Immobilier. Les Hauts-de-Cergy vont s’équiper de crèches, d’une médiathèque, de courts de tennis et d’un parc-relais. On y trouve des encours de Sefri-Cime et Cogedim, et Icade effectuera deux lancements d’ici à la fin de l’année. L’agglomération a d’autres projets : 2 000 logements sur le site de l’ancienne caserne Bossut de Pontoise, des résidences pour étudiants et jeunes actifs à Neuville, une opération à Osny sur le parc d’activités de la Demi- Lieue, et 800 habitations sur l’Axe Majeur.


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