Boulogne : la Parisienne du 92

Là où coule la Seine et passe le métro, c’est encore Paris. Tel est le cas de Boulogne, que les Boulonnais ne quittent que pour… Boulogne ! “Quand les clients déménagent,c’est bien souvent pour s’installer dans la même rue, commente un négociateur. Ainsi,ils peuvent suivre les travaux de leur futur immeuble au jour le jour.” La ville possède, il est vrai, plus d’une corde à son arc pour retenir ses habitants, à commencer par un enseignement de qualité, des espaces verts en quantité comme les jardins Albert-Kahn et le bois de Boulogne, 80 000 emplois et deux lignes de métro. Parmi les nouveaux habitants, des Parisiens du 16e arrondissement, attirés par l’esprit familial de la ville, élisent plutôt domicile dans le nord, au caractère neuilléen. De jeunes couples sans enfant, également de Paris mais aussi des Hauts-de-Seine, optent, quant à eux, pour le sud, moins onéreux.

Boulogne : la Parisienne du 92
Boulogne : la Parisienne du 92

L’ancien : deux villes en une.


Le nord de la ville a son triangle d’or, le secteur des Princes, près du parc éponyme mais à l’écart du bruit et de la fureur du ballon ovale ou rond. Ce micromarché de villas cossues, d’hôtels particuliers et de quelques immeubles haussmanniens, affiche de rares mutations. Les prix s’envolent souvent à la déraison, comme cette maison de 240 m2, cédée récemment pour 2,5 millions d’euros ! Plus modeste, le sud se négocie entre 5 000 et 5 500 euros/m2, mais se montre de qualité inégale. “Tous les immeubles comportent un rez-de-chaussée,mais peu ont l’attrait d’une terrasse au dernier étage, remarque avec humour Jean-Luc Morin, notaire à Boulogne. Nous ne constatons pas de baisse des prix,mais le volume des transactions vient de reculer de 10 à 15 %, comme en Ile-de-France”. Le prix moyen des ventes chez les notaires s’élevait à 5 440 euros/m2 au premier trimestre, et est resté stable à 1 % près. Cette ex-ville industrielle dispose de peu de grands appartements anciens. Les plus vastes n’ont qu’une trentaine d’années, ou alors sont récents et neufs.


Le neuf : rare au Nord, assez abondant au Sud.


La dichotomie entre le nord pour happy few et le sud autrefois industriel, s’estompe depuis la greffe du centre-ville. La galerie commerciale, l’espace culturel Landowski, le cinéma et les terrasses de café vivant tard le soir donnent une âme parisienne au quartier. Au sud, près des quais, les années 90 ont vu fleurir les constructions neuves du Point du Jour. La nouvelle décade sera celle des terrains Renault, reconquis sur l’espace que le constructeur automobile nommait “Le Trapèze” en raison de sa forme. Sur ce qui est encore une zone d’aménagement concerté en pleine construction, la Zac Seguin/ Rives de Seine, les valeurs se situent entre 5 500 et 6 700 euros/m2. Elles remontent légèrement dans le centre, aux alentours de 7 000 euros, et peuvent frôler 10 000 euros en duplex ou appartement avec grande terrasse, sur les rives de Seine ou encore dans le nord de la commune. L’offre du moment apparaît variée. D’infimes opportunités s’esquissaient fin septembre dans le secteur recherché de Roland-Garros, au sein d’un petit immeuble de la rue Maurice- Delafosse. Un grand 2-pièces de 63 m2 à 479 000 euros et deux 3-pièces à partir de 554 000 euros cherchaient encore preneurs (Cogedim). A contrario, le Point du Jour fait preuve d’une activité permanente. Après rénovation, des appartements du quartier, encore occupés, partent au tarif – inhabituel pour Boulogne – de 4 700 euros/m2 (CPM/ Patrick Musy). Qui a les bonnes grâces de son banquier, rare privilège par les temps qui courent, peut encore mettre la main sur des volumes atypiques : maisons sur le toit rue de Paris (Évidence, de Sefri Cime), appartements avec séjour cathédrale, suite parentale et terrasse, rue Nationale, non loin des quais (Sogeprom, 5-pièces à 629 000 euros hors parking). Le long de la Seine, sur les anciens terrains Renault où habiteront 12 000 Boulonnais, 200 lots d’une quinzaine de programmes sont à disposition, signés seulement par trois promoteurs : Nexity, Vinci Immobilier et Icade. Le prix, plancher en studette de 20 m2 à 170 000 euros, plafonne à 1,2 million pour 150 m2. Contemporains, les ouvrages ont été conçus notamment par l’architecte Franck Hammoutène (voir notre rubrique Portrait). Les premiers habitants entreront dans les lieux vers le mois de mars.


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