Boulogne-Billancourt se met aux logements verts

Toujours prisée par une clientèle aisée et malgré un marché prudent, Boulogne-Billancourt est en plein renouveau, avec pour étendard la construction de l’écoquartier Rives de Seine sur l’île Seguin.

Boulogne-Billancourt se met aux logements verts
Boulogne-Billancourt se met aux logements verts

Fortement  teintées  d’incertitude,  les périodes électorales n’ont pas la réputation d’être favorables à l’immobilier. Pour preuve, la Chambre des Notaires Paris-Île-de-France fait part d’un recul régulier des ventes dans la région capitale : - 25 % en décembre, - 14 % en février… Seule entorse à la règle, les transactions, qui ont fortement augmenté en janvier en raison de la taxation supplémentaire des plus-values à partir de février.


Un marché immobilier sélectif


« Je ne peux pas dire que j’ai moins de clients, mais la demande a évolué », constate Corentin Le Bris, directeur de Conseils et Solutions immobilier, une agence  immobilière  proche  du  nouveau  centre-ville de Boulogne. Cette société réalise désormais son chiffre d’affaires sur des appartements d’une taille plus modeste qu’auparavant, ne comportant pas plus de 3 pièces. Environ 25 à 30 % de la clientèle  se  compose  de  primo-accédants  aisés,  avec un bel apport personnel, mais le gros du bataillon revend pour acheter plus grand. « C’est une clientèle mature, bien informée et connaissant parfaitement sa capacité d’emprunt »,  remarque  l’agent immobilier. Les  valeurs  du  marché  ancien  se  sont  tassées, mais  le bien de qualité résiste et reste  légèrement haussier.  Les  niveaux  de  prix  varient  du  simple au double en  fonction du quartier, en démarrant autour de 5 500  €/m2 vers le pont de Sèvres ou Issy-les-Moulineaux. Près  du  bois  de Boulogne  et  du XVIe arrondissement, ils grimpent à 11-12 000 €/m2. Le parc de logements revêt une configuration comparable  à  celle de Paris. Les petites  surfaces  sont majoritaires  :  18 %  de  studios,  29 %  de  2-pièces, 27 %  de  3-pièces.  Les  deux  villes  partagent  une carence  de  grands  appartements  pour  retenir  les familles. Les Boulonnais sont plus souvent propriétaires que  les Parisiens  (43 % contre 33 %, d’après l’Insee) et déclarent un revenu plus élevé (43 000 €/an en moyenne contre 37 000 €). À Boulogne, où 42 % des habitants sont cadres, les niveaux de vie s’équilibrent mieux que dans la capitale.


Des programmes neufs rarissimes à Boulogne


Dans un contexte d’incertitude économique, plusieurs lancements de programmes neufs ont été retardés. C’est notamment le cas du 82 Edouard Vaillant d’Interconstruction et de la Villa Athena de Franco Suisse, à l’angle des rues de Silly et de Paris. Un promoteur concède que, « compte tenu de la conjoncture », son programme du quartier Île Seguin-Rives de Seine ne sera pas mis sur le marché en juin comme prévu. Étant donné la prudence des banques, des acquéreurs ont vu leurs demandes de prêts retoquées, comme pour trois petites surfaces d’Inside, une résidence du boulevard Jean Jaurès dont la promotion est assurée par Icade. Hormis ces aléas, les  93  appartements  se  sont  plutôt  bien  vendus : ils ont été cédés à 8 700 €/m2 de moyenne à  une  clientèle  constituée  à  parts  égales  d’investisseurs  et de résidents. Les quatre maisons sont  parties  entre  900 000  et  1 400 000  €. Ce sont des produits rarissimes à Boulogne, la part de l’habitat individuel dépassant à peine 2,5 %.

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