Bordeaux : un nouveau visage pour une ville nouvelle

MULTIMEDIAS. L’opération Bordeaux-Euratlantique prévoit la réalisation de 16 000 à 18 000 logements. Un grand projet parmi tant d’autres dans la ville qui vient modifier le paysage urbain mais aussi le marché immobilier de celle qu’on appelait la Belle Endormie.

Bordeaux : un nouveau visage pour une ville nouvelle
Bordeaux : un nouveau visage pour une ville nouvelle

Elles sont partout. Impossible de les manquer. Bordeaux regorge depuis quelques années d’une nouvelle espèce qui prolifère : la grue de chantier. Les projets tertiaires et résidentiels d’envergures se multiplient à une vitesse folle, portés par le dynamisme de l’opération d’intérêt national Bordeaux-Euratlantique. Cette dernière accouchera de 16 000 à 18 000 logements en 2030 sur les 386 hectares qu’elle occupe dans la ville. Un projet au coût pharaonique de 800 millions d’euros…



Le territoire est d’ailleurs devenu un laboratoire urbain. Ainsi, Bordeaux-Euratlantique verra pousser deux immeubles de plus de 50 mètres, en bois. Le premier, Hypérion (à gauche), du promoteur Eiffage, sera réalisé en ossature bois et comportera 82 appartements. Le second, Silva (à droite), de chez Kaufman & Broad, se compose de 3 bâtiments dont 14 200 m² de logements, 3 000 m² de bureaux et 500 m² de commerces.



Un peu plus loin, le quartier Brazza s’apprête lui à accueillir un habitat participatif d’une vingtaine de lots. Les futurs occupants sont en ce moment même en train de rédiger la charte de la future copropriété et travailler à l’élaboration du bâtiment.


Une ville en pleine construction


Bordeaux-Euratlantique n’est pas le seul terrain de jeux des promoteurs immobiliers. La Bastide-Niel Bordeaux (2 500 logements), l’éco-quartier Ginko-Bordeaux Lac (2 200 logements) le Bassin à flot-Bordeaux (6 000 autres) ou le nouveau quartier Brazza (4 000 logements) sont quelques-uns des grands chantiers en cours dans la ville. Au total, c’est près de 28 000 logements qui devraient sortir de terre à l’horizon 2030. Car pour la seule partie Euratlantique, la métropole attend 40 000 nouveaux habitants et 25 000 créations d’emplois.

Le passé de la ville n’est pour autant pas sacrifié. Bordeaux est inscrite depuis 2007 sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Pour preuve, cette étonnante réhabilitation, prise en charge par le promoteur Eiffage, à quelques mètres de la gare Saint-Jean. La halle à bestiaux Débat Ponsan, dont les travaux devraient se terminer en février 2018, conservera les contours de son style année 30. Construite en 1938, elle verra s’ériger près d’elle un nouvel immeuble de 18 200 m² de surface. "L’opération accueillera 6 800 m² de surface commerciale, 10 500 m² de bureaux et un hôtel 4 étoiles", indique Philippe Plaza, directeur général d’Eiffage immobilier.




Le programme n’a pu se faire qu’avec l’accord des Architectes des bâtiments de France, l’abattoir se situant près d’un site protégé. "Les 3 nouveaux bâtiments construites au-dessus de l’ancienne halle respecteront la structure originale et épouserons en négatif le volume de la voûte démolie", précise-t-on chez Eiffage.



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Des prix qui ne cessent d’enfler


Mais le corollaire de cette formidable activité est une hausse généralisée des prix (+ 6 % en moyenne selon les notaires). Une progression qui touche le neuf (entre 4 000 € et 4 500 € en moyenne au m²) comme l’ancien (3 250 €/m² en moyenne). "Le grand nombre d’opérations a fait exploser les prix. Ils étaient restés très sages durant des décennies", souligne Philippe Plaza. Une tendance d’autant plus forte qu’elle ne fait que se consolider année après année. Selon bon nombre d’experts, l’arrivée de la LGV reliant Paris à Bordeaux en 2h devrait continuer à faire grimper en flèche les prix.

Le patron d’Eiffage est d’ailleurs très prudent sur l’évolution future de la ville ; "C’est aujourd’hui l’endroit à la mode, mais il faut être vigilant. Pour l’instant on construit et tous les biens trouvent preneurs. Je note toutefois que beaucoup de grands projets ont été menés en même temps. La municipalité espère une forte croissance démographique. Mais à titre d’exemple, sur les questions d’emploi, des villes comme Toulouse sont beaucoup plus intéressantes que Bordeaux et l’on n’y construit pas autant." Gare donc au désenchantement voire, selon les plus sceptiques, à la bulle spéculative.


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