Antoine Desbarrières : "Il existe une valeur verte du logement"

Le directeur de Qualitel et president de Cerqual, considéré comme le "monsieur certification en France" nous livre son analyse sur l'évolution des écoquartiers.

Antoine Desbarrières : "Il existe une valeur verte du logement"
Antoine Desbarrières : "Il existe une valeur verte du logement"

Pouvez-vous certifier un écoquartier comme vous le faites pour un immeuble BBC (bâtiment basse consommation) ?


Pour l’heure, non, et aucun organisme n’a mis en place un tel procédé tellement le sujet est vaste, mais l’Etat travaille de façon progressive à la mise en œuvre d’un label, plus souple qu’une certification. Nous intervenons cependant assez souvent dans les écoquartiers, dont les aménageurs prescrivent le recours aux certifications des immeubles.



Vous semble-t-il judicieux d’acquérir un appartement dans un écoquartier ?


Oui, car désormais pratiquement tous les immeubles des écoquartiers sont certifiés BBC. Cela traduit leur conformité par rapport à leurs promesses. Ce sont aussi des bâtiments d’une bonne qualité intrinsèque. Quoiqu’il arrive, leur base est forte, déjà très intéressante. Quant à la réduction des consommations, et donc des charges, nous avons lancé une étude sur une vingtaine de logements certifiés dans une dizaine d’opérations réparties sur l’ensemble du territoire. Des mesures sont effectuées sur la qualité de l’air, des sociologues interrogent les habitants... Nous publierons les résultats en novembre. Je peux déjà vous révéler que les enseignements ne sont pas toujours ceux que nous attendions, mais les habitants réalisent des économies substantielles par rapport à la consommation de leur précédent logement. C’est plutôt logique car ils ne vivaient pas dans des appartements neufs ou récents.



Peut-on espérer une valorisation du bien dans le temps ?


J’en suis persuadé, mais c’est le marché qui le dira. À ce propos, nous avons réalisé une étude sur le thème de la « valeur verte » en répertoriant toutes les analyses internationales en la matière, car cette notion n’existe pas encore en France. Nous nous sommes intéressés aux pays qui avaient une référence tangible dans ce domaine – label ou certification – et une mesure officielle des « logements verts ». Tel est le cas de la Suisse au label Minergie et de l’Oregon, aux Etats-Unis, avec Leed. Il apparaît que les bâtiments certifiés se revendent plus vite et mieux avec une plus-value comprise entre 3 % et 9 %. Il n’y a pas de raison pour qu’il n’en soit pas de même en France. Nous allons mettre en place un observatoire de la valeur verte. Nous pourrons étudier le niveau des transactions dans des contextes comparables et apprécier la surcote ou la décote des bâtiments certifiés.


à lire aussi :


Écoquartiers, nouvel eldorado ?


L'habitat durable, à quel prix ?


La course à l'innovation


Lyon Confluence, quartier modèle


Vivre au "vert" au quotidien

Service

Prenez rendez-vous avec un diagnostiqueur