3 questions à Vincent Lemaire - Président du directoire d'Empruntis.com

"Des crédits de plus en plus longs !"

3 questions à Vincent Lemaire - Président du directoire d'Empruntis.com
3 questions à Vincent Lemaire - Président du directoire d'Empruntis.com

Indicateur Bertrand : La hausse des prix a-t-elle fait chuter la demande de crédit des primo accédants ?


Vincent Lemaire : Au cours des années 2000, 60 % des emprunteurs étaient primo accédants. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 47 %. La demande de cette clientèle a donc baissé car elle prend de plein fouet la hausse des prix de l'immobilier. Comme réponse au problème des jeunes couples qui n'ont pas beaucoup ou pas du tout d'apport, les banques avaient coutume de proposer des financements à 100 ou 110 %.


I. B. : Cela signifie-t-il qu'aujourd'hui, il est plus difficile d'obtenir un prêt à 100 ou 110 % ?


V. L. : Ce type d'offre n'existe pratiquement plus. Les banques considèrent, en effet, qu'elles prennent un risque en cas de baisse du marché. Nous sommes arrivés en haut d'un cycle du point de vue des prix. En faisant l'hypothèse d'une baisse, ne serait-ce que de 10 % des prix, elles savent qu'elles auront des difficultés à rentrer dans leurs fonds si l'emprunteur ne peut plus rembourser. Lorsque les prix étaient en pleine ascension, elles n'avaient pas la même inquiétude car même si le bien était surévalué, le risque était couvert. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. De fait, ceux qui achètent un logement ont intérêt à avoir un apport. A défaut, les banques deviennent réticentes à distribuer leurs crédits.


I. B. : Quelles solutions les banques préconisent-elles aujourd'hui pour augmenter la capacité d'emprunt des primo accédants ?


V. L. : L'une des façons de maintenir la capacité d'emprunt des primo accédants est de leur proposer des crédits sur 25, 30, 35 ans…Certaines banques réfléchissent même à des formules sur 40 ans ! C'est une bonne solution pour augmenter la capacité d'endettement des ménages, d'autant que le coût du crédit n'est pas encore trop lourd. Nous sommes revenus au niveau des taux de 2004, c'est-à-dire un peu moins de 4 % sur 15 ans. A l'époque, tout le monde disait que les taux étaient historiquement bas. Malgré la hausse, les conditions de crédit restent donc attractives. L'allongement de la durée des prêts n'est pas la seule façon de solvabiliser les emprunteurs. Il en existe d'autres comme celle qui consiste à proposer des formules "semi fixes". Par exemple, si l'acquéreur emprunte sur 20 ans, la banque lui propose un crédit à taux fixe sur dix ans puis un taux révisable plafonné les dix autres années. La raison en est simple : le coût d'un prêt fixe sur 10 ans est plus faible que sur 20 ans. Comme les acquéreurs revendent généralement au bout de 8 ans, cela peut être intéressant. Ce type de produit est désormais diffusé par quatre ou cinq grands réseaux.


Service

Prenez rendez-vous avec un diagnostiqueur