3 QUESTIONS A VINCENT HAAS Président de la FPC Aquitaine Poitou-Charentes

“La production se déplace vers l’arrière-pays"

3 QUESTIONS A VINCENT HAAS Président de la FPC Aquitaine Poitou-Charentes
3 QUESTIONS A VINCENT HAAS Président de la FPC Aquitaine Poitou-Charentes

Indicateur Bertrand : Comment le marché dans le Pays basque se porte-t-il ?


Vincent Haas : Sur le Pays basque, on trouve des promoteurs locaux et beaucoup d'agences régionales d'entreprises nationales. Nous ne possédons pas d'observatoire local de la production autre que celui de la direction départementale de l'équipement (DDE), mais on peut constater une baisse des ventes de l'ordre de 15 à 20 % sur un an et beaucoup de projets en attente. La baisse est à nuancer car elle se remarque sur des marchés qui avaient explosé ces dernières années, en termes de volumes et de prix. Cependant c'est un phénomène très net, qui s'accompagné d'un renchérissement des taux des crédits immobiliers. Les banquiers ont en outre remonté leurs quotas de précommercialisations. Il faut maintenant avoir vendu 40 à 50% des logements pour démarrer les travaux. Certains programmes sortiront donc plus tard, puisque les durées de pré-commercialisations se rallongent. Certains ne sortiront peut-être pas.


I. B. : Comment l'offre va-t-elle évoluer ?


V. H. : Sur la côte basque, la demande reste très forte. La rentabilité locative est faible, avec des loyers plafonnés. Des acheteurs du Nord ou de la Côte d'Azur sont en revanche nombreux à s'installer ici pour leur retraite. D'Hendaye à Cap Breton, voire à Saint-Vincent-de-Tyrosse et Dax, les prix ne vont pas baisser, ou seulement à la marge à travers la déduction de frais de notaires, par exemple. A Saint-Jean-de-Luz, vitrine de la côte basque, on atteint 6000e/m2 en moyenne et des programmes affichent 7 000 à 8 000 e/m2. Ce marché s'adresse à une population privilégiée à Bayonne avec des moyennes entre 5 000 et 5 500 e/m2 ou même à Dax (3 500 e/m2), il n'est plus accessible à de nombreuses familles. Celles-ci s'intéressent donc à l'arrière-pays.


I. B. : L'offre à venir va-t-elle se concentrer là?


V. H. : On assiste à un retour vers les bourgs où les conditions de production permettent de sortir des programmes pour certains à la portée des primo-accédants et de nombreuses familles. Des communes comme Hasparren, Cambo-les-Bains ou Briscous sont en plein développement. Si les conditions du dispositif Robien sont maintenues sous leurs formes actuelles, la production pourrait se développer sur ces secteurs. Le foncier est plus accessible et les contraintes architecturales et de construction sont moins lourdes (pas de parkings en sous-sol, de reprise en sous-oeuvre des immeubles voisins, de circulation à gérer, etc.). Des programmes de qualité peuvent y être proposés entre 2 800 et 3 500 e/m2 et satisfaire les besoins des acheteurs en résidence principale.







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