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3 questions à PHILIPPE TABORET - Directeur général adjoint de Cafpi (courtier en prêts immobiliers)

"Les taux révisables ont perdu en intérêt"

3 questions à PHILIPPE TABORET - Directeur général adjoint de Cafpi (courtier en prêts immobiliers)
3 questions à PHILIPPE TABORET - Directeur général adjoint de Cafpi (courtier en prêts immobiliers)

Indicateur Bertrand : Quelles réflexions vous inspirent la hausse des taux ?


Philippe Taboret : Je constate que l'Euribor a rejoint l'OAT 10 ans, ce qui n'est plus arrivé depuis très longtemps. Les taux révisables perdent donc de leur intérêt. D'autant que si les taux courts sont à nouveau à la hausse, les taux longs, eux, ont une nouvelle tendance à la baisse. Aujourd'hui, à taux fixe, on est revenu à des taux de l'ordre de 3,55 % sur 15 ans et, pour des durées plus longues, entre 20 et 25 ans, on atteint 3,75 et 3,85 %. Ce qui est encore tout à fait attractif. A taux révisable, on peut emprunter autour de 3,50 % avec un cap 1 point.


I. B. : L'écart entre taux fixe et révisable étant faible, faut-il vraiment proscrire les taux révisables ?


P. T. : Aujourd'hui, 85 % des crédits immobiliers s'établissent à taux fixe. Les taux révisables restent donc marginaux et les banques qui ne vivent que des taux révisables risquent d'être mises à rude épreuve. Cela dit, il ne faut pas les proscrire systématiquement. Pour de courtes durées, les prêts à taux révisable supportent encore la comparaison avec les taux fixes.


I. B. : La hausse des taux risque d'écarter un peu plus d'acquéreurs modestes. Est-ce pour cette raison que vous proposez désormais une offre à destination des emprunteurs "hors critères" ?


P. T. : Notre démarche de courtier est de satisfaire la demande. Il n'y a plus de banques sociales comme par le passé. Aujourd'hui, les banques de dépôt prêtent aux particuliers qui ont de bons dossiers. Pour elles, c'est une façon d'attirer et de fidéliser une clientèle à laquelle elles pourront vendre toutes sortes de produits financiers à côté du crédit immobilier. Les emprunteurs qui ont un parcours plus difficile ne sont donc plus servis et ne peuvent pas acheter leur logement, ce qui va à l'encontre de ce que préconise Jean-Louis Borloo. En tant que courtier, cet effritement nous dérange. Si on prend l'exemple de l'Angleterre, le crédit est beaucoup plus accessible car beaucoup de banques se sont engagées sur ce marché. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si 71 % des Anglais sont aujourd'hui propriétaires alors qu'en France, on n'en compte que 56 % seulement. Nous avons donc décidé de proposer une véritable offre à cette clientèle qui ne pouvait pas jusqu'à présent emprunter. Après une année d'expérience, nous avons traité 300 dossiers, ce qui n'est pas encore très significatif, mais nous ne doutons pas que cette offre va monter en puissance. Dans l'Hexagone, pratiquement 30 % des Français se trouvent écartés de l'accession à la propriété.


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