3 QUESTIONS À PHILIPPE ROUX Président de la FPC Provence

“Les promoteurs ont anticipé les mouvements du marché”

3 QUESTIONS À PHILIPPE ROUX Président de la FPC Provence
3 QUESTIONS À PHILIPPE ROUX Président de la FPC Provence

Indicateur Bertrand : Comment s'est comporté le marché des Bouches-du- Rhône en 2007 ?


Philippe Roux : Nous avons constaté, avec les résultats du 3e trimestre, un retrait des mises en vente, de l'ordre de 20 à 30 % par rapport à 2006. Ceci-dit, le volume des ventes affiche un cumul supérieur par rapport à la même période en 2006, sans compter les logements à prix maîtrisés ou les ventes en bloc. C'est en effet l'offre de 2006 qui a largement alimenté et soutenu la demande en 2007. La demande est toujours là ! Au niveau géographique, Marseille totalise aujourd'hui 50 % de la production de logements, ce qui est conforme à sa part de population au regard du département. Jusqu'ici, nous assistions à un déséquilibre de l'offre en faveur de Marseille. Pour autant, il n'y a pas homogénéité de l'offre dans le reste des Bouches-du- Rhône : tandis qu'Aix-en-Provence manque toujours d'une offre qui trouverait pourtant preneur, des secteurs comme l'étang de Berre est en plein croissance.


I. B. : L'année 2008 est-elle encourageante ?


P. R. : Une chose est certaine : les promoteurs anticipent désormais les mouvements du marché immobilier en restant prudents sur l'adéquation entre offre et demande, quitte à retarder des lancements d'opérations. D'importantes opérations verront le jour cette année, notamment à Marseille, sur le quartier Sainte- Marthe, et l'offre sera alimentée normalement. Je n'ai aucune crainte particulière à ce jour, même si le marché est devenu plus sélectif. Ma seule crainte concerne un horizon plus lointain, en 2010, les éventuelles mesures prises à la suite du Grenelle de l'Environnement en matière de construction pourraient entraîner un nouveau surcoût des opérations.


I. B. : Quels sont les paramètres de marché qu'il conviendra d'observer ?


P. R. : Nous allons examiner l'évolution des prix de la revente qui semblent revenir à un niveau normal, en tout cas par rapport aux logements neufs. Il ne faudrait pas non plus que l'écart entre les deux marchés soit trop important. Ensuite, quel que soit le désir des collectivités, nous sommes et restons des agents économiques et nous régulons l'offre en fonction de critères économiques du marché, comme les stocks ou les rythmes de commercialisation. Jusqu'ici nous produisions des logements afin de rattraper le niveau de la demande. Désormais, l'activité revient à la normale et le problème est maintenant de s'adapter à la demande.


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