3 QUESTIONS À Philippe Gautier, notaire à Nantes

Une forte reprise du volume des transactions

3 QUESTIONS À Philippe Gautier, notaire à Nantes
3 QUESTIONS À Philippe Gautier, notaire à Nantes


Indicateur Bertrand : Comment qualifier le marché immobilier nantais ?


Philippe Gautier : Nous avons constaté une réelle reprise dans tous les départements de l'Ouest depuis le début de l'année, mais l'augmentationdu volume de transactions est particulièrement sensible sur la Loire-Atlantique. À Nantes, si les prix enregistrent une légère hausse (+ 1,5 % pour 2 301 €/m2 en moyenne), les évolutions sont très disparates : dans les quartiers prisés de Miséricorde-Longchamps et Canclaux-Mellinet-Monselet-Camus, on observe par exemple des évolutions respectives de + 5,1 %


et -3,2 % sur le premier semestre 2010. Dans les quartiers moins onéreux de Bellevue-Beauséjour et Beaulieu, ils affichent +5,4 % et -2,1 %. Nous observons une augmentation des capacités d'achat des ménages, avec une reprise des transactions de plus de 200 000 €. Dans le neuf, on attend un prix moyen de 3483€/m2 (-5,9 %), contre 3 169€/m2 à Saint-Nazaire (2,90%) et 3 597€/m2 à Rennes (+14,70 %). Les prix moyens des ventes varient de 3 050€/m2 à la Beaujoire-Eraudière à 4099€/m2 à Miséricorde-Longchamps. Ces prix sont difficiles à analyser car ils portent sur peu de transactions, et entre autres des queues de programme.



I. B. : La demande de logements neufs est-elle soutenue ?


P. G. : La demande de résidence principale se maintient sur des biens adaptés aux capacités financières des acquéreurs.


L'immobilier est par ailleurs l'une des dernières niches fiscales vraiment intéressantes, qui bénéficie du retour de confiance des investisseurs.


La loi Scellier a permis à des ménages qui paient 5 000 à 7 000€d'impôts d'avoir accès à des produits en défiscalisation dans de bonnes conditions.


La demande devrait d'ailleurs s'intensifier en fin d'année.


Nous ne connaissons pas encore les dispositions de la prochaine loi fiscale, mais elle sera favorable aux bâtiments basse consommation, qui coûtent 20 % de plus à la construction.


Je crains que ce facteur conjugué à l'augmentation des prix du foncier n'entraîne une hausse des prix et par répercussion des loyers attendus par les investisseurs. Je leur rappelle d'ailleurs qu'une vacance locative de plus d'un an en début de bail annule les avantages fiscaux liés à l'opération.



I. B. : Cette reprise repose-t-elle sur des fondements solides ?


P. G. : Plus que le moral des ménages, la reprise repose sur le niveau bas des taux d'intérêt.


Si ceux-ci remontent, il est possible que nous replongions dans une nouvelle période de crise. On ne peut pas nier que le redressement du marchéne pourra se poursuivre qu'en fonction d'une conjoncture économique favorable et de taux d'intérêt stables.



Philippe Gautier est également délégué à la communication de la chambre des notaires de Loire-Atlantique



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