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3 QUESTIONS À MICHEL CHARLET Maire de Chamonix et vice-président du conseil général de Haute-Savoie

"Des mesures pour la réalisation d’habitat”

3 QUESTIONS À MICHEL CHARLET Maire de Chamonix et vice-président du conseil général de Haute-Savoie
3 QUESTIONS À MICHEL CHARLET Maire de Chamonix et vice-président du conseil général de Haute-Savoie

Indicateur Bertrand : Quels sont les effets de la flambée des prix de l'immobilier et de la rareté foncière en montagne ?


Michel Charlet : Je distingue deux conséquences à la fois importantes et dramatiques. La première concerne le retrait de la part de résidences principales à Chamonix - mais c'est aussi vrai ailleurs - avec un départ d'une partie de la population permanente. Entre les deux derniers recensements, la commune est passée de 10 000 à 9 000 habitants, soit une chute de 15 % ! Par ailleurs, 3 500 habitants qui le voudraient ne peuvent plus se loger sur place. Enfin, depuis une décennie, nous enregistrons la fermeture d'une classe primaire par an. La deuxième conséquence est la disparition progressive des hôtels. Non seulement le parc des résidences secondaires représente 60 % du parc total, mais une partie des résidences de tourisme, au-delà d'une période de location obligatoire, entre à son tour dans le parc de lits froids.


I. B. : De quelle manière réagissez-vous ?


M. C. : L'enjeu est de taille. Si nous n'arrivons pas à construire entre 40 et 50 logements par an, ce phénomène d'hémorragie démographique va s'accentuer. Or, la commune ne possède aucune réserve foncière. C'est pourquoi, nous avons mis en place depuis trois ans des mesures afin de favoriser la réalisation d'habitat en résidence principale ainsi que des lits commerciaux. Nous appliquons un droit de préemption renforcé sur certains bâtiments inutilisés appartenant à l'Etat. Nous imposons aussi aux promoteurs de réaliser 20 % de leur opération en résidence principale. Enfin, nous favorisons le développement de l'hôtellerie.


I. B. : A partir de quel moment estimerez-vous avoir réussi ?


M. C. : Nous espérons inverser la situation au cours des 5 prochaines années et nous essayons de reconstituer le parc de résidences principales. Hélas, trop souvent, nous devons abandonner toute tentative de rachat, fut-ce un terrain délaissé de la SNCF, quasiment vendu au prix de marché ! Or, toutes les stations à la mode traversent les mêmes difficultés et à Chamonix, le marché de la résidence secondaire se situe en moyenne à 10 000 e/m2. Cette pression est en train de s'élargir à l'ensemble des stations du pays du Mont-Blanc et poussent de nombreux habitants vers la vallée. Toutes les actions menées devraient pourtant ramener le niveau de population à 10 000 habitants. Rendez-vous au prochain recensement !


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