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3 QUESTIONS À MAÎTRE GILLES OURY, Représentant de la Chambre des notaires de Paris

"Nous assistons à une décélération des prix"

3 QUESTIONS À MAÎTRE GILLES OURY, Représentant de la Chambre des notaires de Paris
3 QUESTIONS À MAÎTRE GILLES OURY, Représentant de la Chambre des notaires de Paris

Indicateur Bertrand : Le marché immobilier marque-t-il une pause, y compris à Paris ?


Gilles Oury : Depuis un certain temps, les prix augmentent moins vite à Paris et l'année 2006 confirme cette tendance. Par exemple, au 3e trimestre 2005, les prix avaient progressé de 5,3 % dans Paris, alors qu'ils n'enregistrent que 2,2 % d'augmentation pour le 3e trimestre 2006. Sur l'année, l'augmentation des prix se situera sans doute sous la barre des 10 % intra-muros, alors que la petite couronne devrait enregistrer une progression légèrement supérieure à 10 %. Les croissances les plus soutenues ont été observées dans les arrondissements les moins chers, mais sans que cela soit très significatif. Quant au volume de transactions, il a été un peu plus faible au 2e trimestre, à Paris comme en banlieue proche ou lointaine. La baisse d'activité enregistrée - de l'ordre de 3 % - n'a cependant rien d'un retournement de tendance. C'est un phénomène qui dépend des arrondissements, mais aucun ne s'effondre en termes de volumes de transactions, la baisse étant légère et uniforme, de l'ordre de - 4 % dans certains arrondissements et de - 2 % dans d'autres.


I. B. : S'agit-il d'un atterrissage souhaitable ?


G. O. : Nous assistons à une décélération qui ne signifie en aucun cas le déraillement ! L'atterrissage était au contraire souhaitable. Après quatre ans d'augmentations à deux chiffres, il ne fallait pas continuer au même rythme, sous peine de grimper au-delà du raisonnable et de la solvabilité de la majorité des acquéreurs. Il ne faut pas regarder ce phénomène de ralentissement de la hausse en craignant de revoir une crise semblable à celle des années 90. C'était un phénomène particulier qui touchait Paris, et quelques autres grandes villes, où existait une bulle spéculative. La situation actuelle est très ifférente : la hausse des prix que nous avons connue n'était pas spéculative, elle a constitué un rattrapage général sur l'ensemble de la France. Aujourd'hui, la décélération de l'augmentation correspond à une évolution des prix plus compatible avec celle des revenus des ménages.


I. B. : L'offre est-elle toujours très inférieure à la demande dans la capitale ?


G. O. : L'offre est sans aucun doute très en dessous de la demande. Rappelons que la région Ile-de-France compte 1 divorce sur 2 mariages contre 1 sur 3 pour la France entière. La décohabitation est plus élevée dans la capitale et le besoin de logements se fait cruellement sentir. Par ailleurs, il est vrai qu'on a beaucoup moins construit dans la région que dans le reste de la France. En 2005 par exemple, 43 000 permis de construire ont été autorisés en Bretagne, qui compte 3 millions d'habitants, contreseulement 46 000 en Ile-de-France, où vivent 12 millions de personnes ! Au final, la région parisienne, qui représente 20 % de la population française, n'accueille toujours que 10 % de la construction neuve.


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