3 QUESTIONS À Laurent Escobar, Directeur associé d'Adéquation

“Le “Scellier” a très bien fonctionné dans le centre du Grand Lyon

3 QUESTIONS À Laurent Escobar, Directeur associé d'Adéquation
3 QUESTIONS À Laurent Escobar, Directeur associé d'Adéquation


Indicateur Bertrand : L'offre des grandes métropoles de Rhône-Alpes n'est-elle pas déséquilibrée ?


Laurent Escobar : Les marchés de l'agglomération lyonnaise, grenobloise et des Deux-Savoie ont à peu près la même structure, déséquilibrée en ce sens que l'offre à moins de 3 000 €/m2 est déficitaire alors que celle à plus de 3 600 €/m2 s'avère surabondante. C'est une spécificité des grands marchés rhônalpins. Ces secteurs à forte demande locative fonctionnent à plein en “Scellier”. Ce sont des valeurs sûres qui supportent des prix élevés. Mais, à mon avis, la vente en bloc, notamment aux bailleurs sociaux, est le moyen le plus rapide d'écouler les stocks en 2009. Or, les produits chers sont difficilement accessibles aux offices, d'autant que la promotion privée ne peut pas vendre à perte. En outre, quand les travaux sont très avancés, il n'est plus possible de repositionner le programme.


Il y a donc des chances pour que l'offre s'écoule plus vite en périphérie lyonnaise, plus propice par ses tarifs à la vente en bloc que le centre. Ce type de montage reste difficile à Grenoble en raison des prix élevés, y compris en périphérie.


I. B. : Comment se situe cette offre par rapport à d'autres grandes métropoles ?


L. E. : Rhône-Alpes représente le premier marché régional, notamment en raison du nombre de ses grandes agglomérations. Ces sites comptent davantage de stocks invendus et moins de ventes en bloc, par exemple, que Nantes/Saint-Nazaire, dont les prix sont moins élevés. Dans le Grand Lyon, le “Scellier” a très bien fonctionné dans le centre, mais beaucoup moins bien en périphérie. À Toulouse, ce dispositif a remporté un franc succès dans toute la métropole.


I. B. : Qu'en est-il des villes moyennes et des petits marchés rhônalpins ?


L. E. : Les marchés les moins chers ne sont pas forcément les plus fluides. L'exemple du Nord-Isère, à 2 400/2 500 €/m2, illustre cette tendance : début avril, l'offre livrée invendue montait à 19 % et les investisseurs étaient un peu plus présents que d'habitude, pesant sur 40 % des ventes au lieu de 30 %. Dans ce type de marché, les accédants utilisateurs rencontrent des difficultés de financement. Des promoteurs locaux ont peu accès aux grands réseaux des investisseurs et des ventes en bloc. Les bailleurs sociaux ne s'implantent pas si le parc public est déjà bien fourni.


Les stocks invendus pourraient par conséquent continuer à croître.



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