3 QUESTIONS À JEAN-LUC PRONIER : Président de la FPC de Normandie

Indicateur Bertrand : Quelle est l’ampleur de la crise en Normandie ?

3 QUESTIONS À JEAN-LUC PRONIER : Président de la FPC de Normandie
3 QUESTIONS À JEAN-LUC PRONIER : Président de la FPC de Normandie

Jean-Luc Pronier : Comme partout en France, on a constaté en Normandie une baisse de la commercialisation d’environ 30 % dans le neuf, au 1er trimestre 2008. Ce chiffre doit être lu avec trois correcteurs : tout d’abord, il correspond à une valeur absolue assez faible, puisque l’on commercialise 4 000 logements environ par an, Haute et Basse- Normandie confondues. Il se situe par rapport au marché de 2007, année exceptionnelle avec de grosses opérations sur plusieurs Zac à Caen et d’importantes restructurations au Havre, notamment. Il faut ensuite distinguer les produits de défiscalisation purs, très touchés avec une chute d’activité de 60 à 70 %, et les produits de promotion immobilière qui permettent de se constituer un patrimoine. Ces derniers sont encore très demandés et dans ce secteur, la baisse n’est que de 15 à 20 %. De plus, nous avons peu de stocks. On compte actuellement environ 3 500 appartements qui ne sont pas encore vendus, sur des programmes livrés au niveau national. En Normandie, cela représente une très faible quantité. Au regard de ces éléments, on voit qu’il n’y a pas de crise immobilière. Nous arrivons cependant à la fin d’un cycle immobilier qui a duré 12-13 ans, et se conjugue à une crise financière. C’est là que la machine se grippe.


I. B. : Quelle est la réponse des promoteurs à cette nouvelle donne ?


J.-L. P. : Contrairement à ce qui s’est passé dans les années 90, où les acteurs du marché ne croyaient pas au ralentissement et continuaient d’appuyer sur l’accélérateur, beaucoup de promoteurs ont anticipé une situation qui s’annonçait depuis un ou deux ans déjà. Ainsi, peu de nouvelles opérations sortent aujourd’hui, même sur Rouen, Caen et Le Havre. Globalement, les mises sur le marché ont été réduites de 30 %. Les professionnels se concentrent à nouveau sur les fondamentaux que sont un bon emplacement, une bonne qualité de construction et un prix de marché. En revanche, même si on trouve par endroits quelques offres commerciales, les prix ne baissent pas.


I. B. : Comment envisagez-vous l’avenir ?


J.-L. P. : Les taux d’intérêts, même s’ils ont augmenté, restent historiquement bas si on corrige l’effet de l’inflation. La croissance, bien que faible, est là, et l’épargne des Français reste très forte. La baisse réelle des prix dans l’ancien va ramener à une situation normale, avec des prix environ 40 % supérieurs sur des biens équivalents dans le neuf. Dès que les banques auront reconstitué leurs liquidités, on repartira sur un marché assaini. Les prix du foncier et des entreprises de construction auront assez été revus à la baisse pour compenser le surcoût engendré par les nouvelles normes de développement durable. Les gens auront à nouveau la possibilité d’acheter, avec une offre de qualité à envisager sur le long terme.











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