3 QUESTIONS À Jean-Luc Laurent - Président de l'EPF d'Île-de-France

Indicateur Bertrand: L'EPF participe-t-il directement à l'accession sociale, par exemple par le portage de terrains dédiés à la maison à 15€/jour?

3 QUESTIONS À Jean-Luc Laurent - Président de l'EPF d'Île-de-France
3 QUESTIONS À Jean-Luc Laurent - Président de l'EPF d'Île-de-France

Jean-Luc Laurent : L'action publique doit se fixer des priorités en fonction des coûts. La nôtre est de loger le plus grand nombre de Franciliens possible au travers du locatif social, d'autant que la crise exacerbe les difficultés de logement. Ceci dit, je ne suis pas opposé à l'accession sociale, mais ces mécanismes ne sont pas suffisamment soutenus par l'État, qui compte sur les collectivités territoriales pour les rendre possibles en Île-de-France.


Or, l'État ne peut pas continuer à décider pour le compte d'autrui.


Pour notre part, nous préférons soutenir notamment le logement des jeunes en formation ou bien des étudiants. Cette donnée sera incluse dans notre budget 2009.


I. B. : Au terme de ses deux ans d'existence, quel est le bilan de l'EPF ?


J.-L. L. : Nous avons d'ores et déjà signé quelque 56 conventions d'intervention avec différentes collectivités, dont une à Paris, 14 en Seine-et-Marne, 22 dans l'Essonne, 13 en Seine-Saint-Denis et six dans le Val-de-Marne.


Au total, 420 hectares sont couverts par nos conventions et 12000 autres ont été mis en veille pour éviter les mouvements spéculatifs. Dans ces secteurs, 900000 m2 de locaux d'activités t près de 20000 logements, toutes catégories confondues, dont le tiers en locatif social, pourront être créés. En échange du portage des terrains pour leur compte au maximum durant cinq ans, nous demandons aux collectivités de faire construire 50 % de logements sociaux quand elles n'atteignent pas le fameux quota de 20 % fixé par la loi Solidarité et renouvellement urbain, et 30 % si elles sont au-dessus ou à niveau. En 2009, nous prévoyons un budget de 200 millions d'euros.


Jusqu'à présent, nous avons fonctionné sur nos fonds propres, mais nous pourrions lever un emprunt en 2010.


I. B. : Vous êtes maire du Kremlin-Bicêtre. Y êtes-vous un bâtisseur ?


J.-L. L. : Oui, je le pense, dans la mesure où la ville construit une belle opération le long de la nationale 7 sur une friche des établissements Géo, à savoir un centre commercial de 75000 m2 Shon (Surface hors oeuvre nette, NDLR) réparti à moitié entre commerces et bureaux. Altarea en est le maître d'ouvrage, et sa filiale Cogedim a monté une opération de logements sur le secteur. Icade est également présent avec trois immeubles, dont deux en accession et un en prêt locatif social. Nous avons aussi prévu une médiathèque, une place et le réaménagement du boulevard urbain.


*Établissement public foncier. Également vice-président du Conseil régional, en charge du logement et de l'action foncière.



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