3 QUESTIONS À Jean Bosvieux, directeur des études à l'Anil

"Un montant de prêt modulé"

3 QUESTIONS À Jean Bosvieux, directeur des études à l'Anil
3 QUESTIONS À Jean Bosvieux, directeur des études à l'Anil


Indicateur Bertrand : Que pensez-vous de la réforme en préparation des aides à l'accession à la propriété et notamment de la suppression du crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt ?


Jean Bosvieux : L'analyse que nous en avons c'est qu'il est certain que les prêteurs ne tiennent pas compte de ce crédit d'impôt lorsqu'ils évaluent la capacité d'emprunt des acquéreurs car cette mesure est finalement très limitée dans le temps. Le crédit d'impôt ne s'étale que sur 5 ans alors qu'un prêt immobilier dure 15, 20 ou 25 ans. De fait, le crédit d'impôt est une aide au pouvoir d'achat, certes appréciable, mais qui ne déclenche pas les décisions d'achat. Les conséquences de cette suppression sont difficiles à évaluer. Elles auront sans doute des effets sur le comportement en matière de consommation des futurs acquéreurs. En outre, l'annonce de leur suppression pourrait inciter certains ménages à anticiper la réalisation de leur projet, et par contrecoup un ralentissement des acquisitions au début de 2011. La suppression n'est pas rétroactive et ne concerne pas tous ceux qui en bénéficient actuellement ou qui achèteront avant la fin 2010.



I. B. : Le gouvernement veut simplifier les aides à l'accession et mettre en place un prêt à taux zéro Universel qui a vocation à remplacer l'actuel PTZ mais aussi le crédit d'impôt et le pass-foncier. Selon vous, cette mesure sera-t-elle efficace ?


J.B. : Les pouvoirs publics nous annoncent effectivement un prêt à taux zero généralisé qui aura vocation d'être distribué à tous les primo-accédants sans aucun plafond de ressources. Le prêt à taux zéro actuel, lui, n'est octroyé que si l'accédant respecte des plafonds de ressources. Cela permettrait à un plus grand nombre d'accédants d'en bénéficier, notamment les familles aisées.



I. B. : Il est toutefois question de moduler le montant du prêt en fonction des revenus et de la zone géographique dont dépend l'accédant...


J.B. : Il faudra voir en détails les conditions de ce nouveau prêt à taux zéro universel. Le gouvernement souhaitant faire des économies, on peut supposer qu'entre les aides supprimées et la mise en place du nouveau PTZ, la dépense totale sera moins élevée.


Comme actuellement, l'avantage financier du PTZ sera sans doute dégressif, les conditions de remboursement étant différentes selon la tranche de revenu. Le montant du prêt devrait être modulé selon que le logement se situe dans une zone tendue ou non.


Mais pour l'instant, nous ne connaissons pas les arbitrages que fera le gouvernement.



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