3 questions à Hubert Camus - Directeur général d’Option Crédit

“Nous parvenons à obtenir des taux fixes compris entre 3,25 et 3,50 % sur 15 ans”

3 questions à Hubert Camus - Directeur général d’Option Crédit
3 questions à Hubert Camus - Directeur général d’Option Crédit

Indicateur Bertrand : Vous êtes responsable d’une jeune société de courtage en crédit. Avez-vous une demande importante de financement à 100 % ?


Hubert Camus : Nous avons effectivement débuté nos activités en 2004 et travaillons en partenariat avec une trentaine de banques. Notre activité porte essentiellement sur le crédit immobilier à destination des particuliers. A peu près 70 % des dossiers que nous traitons concernent de l’acquisition de résidence principale mais nous travaillons également largement sur de l’investissement locatif et développons une activité de rachat de crédit immobilier, principalement pour les emprunteurs qui ont contracté un prêt il y a quelques années à des taux plus élevés et qui souhaitent se refinancer à de meilleures conditions. Nous parvenons actuellement à obtenir des taux fixes compris entre 3,25 % et 3,50 % sur 15 ans, et bien inférieurs à taux révisables, même pour les accédants à la propriété qui recherchent souvent des financements à 100 % voire 110 %. En parallèle, nous proposons quasi systématiquement une délégation d’assurance, des frais de dossier réduits ou nuls et une absence de pénalités de remboursement anticipé, cela afin d’amortir au mieux le coût global du crédit. Notre activité ne se résume pas à l’obtention d’un prêt immobilier, nous accompagnons sa mise en place avec un plan de financement cohérent et optimisé. En effet, la qualité de traitement des dossiers est primordiale pour bénéficier des meilleurs conditions.


I. B. : Toutes les banques avec lesquelles vous travaillez proposent-elles ce financement à 100 % ?


H. C. : Non. Toutes ne sont pas d’accord pour financer les particuliers à 100 % ou 110 %. Certaines demandent un minimum de 10 % voire 20 % d’apport. Un débat est d’ailleurs né à propos des prêts aidés comme le prêt à 0 % car ces prêts sont constitutifs de l’apport personnel. Les banques sont donc obligées de les accepter comme tel, mais émettent parfois des réserves. Cela se ressent parfois sur les taux proposés, d’autant que la durée d’emprunt s’étend généralement sur une longue durée. A 25 ou 30 ans, il n’est pas rare de voir des taux fixes à partir de 3,80 % et jusqu’à 4,50 %. En revanche, sur 20 ans, certaines banques proposent encore des taux à 3,40 % quand d’autres affichent 3,70 ou 3,80 %. La concurrence est rude. Certaines baissent leurs taux durant deux ou trois mois, font le plein de dossiers, puis les remontent…Ensuite c’est au tour des concurrents d’agir ainsi, cela fait tourner l’offre.


I. B. : Assiste-t-on à un durcissement des conditions de crédit ?


H. C. : Il y a effectivement un durcissement des conditions. Il y a huit ou dix mois, on avait le sentiment que tous les dossiers pouvaient passer sans problème. Mais aujourd’hui, si l’endettement dépasse 33 % des revenus, les établissements financiers sont plus réticents. Ce phénomène est lié à la conjonction de plusieurs facteurs. D’une part, le renchérissement du crédit. D’autre part, la stabilisation des prix de l’immobilier qui font l’objet de négociations importantes. Les banquiers craignent sans doute un retournement du marché.


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