3 QUESTIONS À FRANÇOIS KLIBER Directeur général de GE Money Bank

"A revenu constant, un taux fixe est plus sécurisant"

3 QUESTIONS À FRANÇOIS KLIBER Directeur général de GE Money Bank
3 QUESTIONS À FRANÇOIS KLIBER Directeur général de GE Money Bank

Indicateur Bertrand : Que pensez-vous de l'évolution des taux ?


François Kliber : On est resté très longtemps sur des taux courts à 2 % et depuis un an, on assiste à leur remontée. On est aujourd'hui passé à 3,50 %. Quant à l'OAT (Obligation assimilable du Trésor) 10 ans, elle se situait aux alentours de 3,40 l'année dernière et à 3,90 % en décembre dernier, soit 0,50 point de hausse. Quand on regarde les courbes, il est indiscutable qu'il y a une contraction entre taux fixe et taux variable. C'est une situation assez anormale. Mais je pense que cela ne durera pas et que nous retrouverons un certain équilibre dès le 2e semestre 2007. A mon avis, l'Euribor ne devrait pas continuer à monter ; durablement, ce n'est pas tenable. Sur le marché de l'immobilier, l'influence de cette évolution devrait être limitée, car les attentes en terme de logement sont véritablement très fortes.


I. B. : Faut-il encore conseiller aux acquéreurs d'opter pour un taux révisable ?


F. K. : Prendre un taux révisable, c'est anticiper la baisse. Les taux sont montés rapidement, ils peuvent redescendre tout aussi vite. Ils ne sont donc pas à écarter même s'ils sont moins attractifs aujourd'hui. Par exemple, les non-résidents, notamment les Anglo-Saxons, ont intérêt à opter pour des taux révisables français. Leur niveau est plus avantageux qu'en Angleterre. Même chose quand on est locataire et que l'on veut acheter. Les loyers vont, quoi qu'il en soit, continuer à progresser et il vaut mieux s'assurer un futur meilleur en devenant propriétaire avec des mensualités allégées, puisque les taux restent bas. En effet, lorsque les revenus sont susceptibles d'évoluer dans le temps, c'est une option qui reste peu risquée. En revanche, quand on a des revenus qui n'évoluent pas, un taux fixe est plus sécurisant. Mais il ne doit pas être figé pour les 20, 25 ou 30 années suivantes. C'est la raison pour laquelle nous proposons, entre autres, une formule à taux fixe pendant les 5 premières années. Ensuite, l'emprunteur peut décider s'il continue à taux fixe ou s'il privilégie un taux révisable.


I. B. : Avec la montée des prix et des taux, vous proposez aujourd'hui un prêt sur 35 ans. N'est-ce pas un peu risqué ?


F. K. : A partir du début 2000, on a vu se développer les crédits sur 25 ans et on peut dire qu'au cours des 7 dernières années, l'évolution a été considérable. Les banquiers n'ont fait que s'adapter à la progression des prix. Pour notre part, après avoir développé les formules 25 et 30 ans, nous avons lancé un prêt sur 35 ans. Il concerne la clientèle jeune qui cherche à devenir propriétaire et qui ne le pourrait pas sans cet allongement. Mais nous n'allons pas les distribuer dans n'importe quelles conditions. En effet, si la durée de vie s'allonge, la durée d'activité, elle, n'augmente pas.


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