3 QUESTIONS À Claude Goasguen, député-maire du 16e arrondissement

"Le 16e, ce n'est pas que l'avenue Foch"

3 QUESTIONS À Claude Goasguen, député-maire du 16e arrondissement
3 QUESTIONS À Claude Goasguen, député-maire du 16e arrondissement


Indicateur Bertrand : peut-on encore construire de l'habitat dans le 16e ?


Claude Goasguen : notre foncier non bâti disponible est très rare, et les dernières disponibilités ont été prises par Paris Habitat notamment sur l'ancienne emprise de la SNCF, porte d'Auteuil, et sur une parcelle en lisière du bois de Boulogne, avenue du maréchal Fayolle. Les opérations de construction devront passer par des réhabilitations ou des démolitionsreconstructions sur le gisement non négligeable d'immeubles affectés à des activités professionnelles, comme les grandes concessions automobiles. Une telle opération est en cours de négociations sur la concession Citroën, à l'angle de l'avenue Mozart et de la rue de la Source. Cependant, la promotion privée semble marquer une pause dans le 16e arrondissement.


L'essentiel des programmes neufs est sous maîtrise d'ouvrage de la Ville de Paris ou de Paris Habitat.



I. B. : quels projets sont en cours ? Et quelles formes architecturales privilégiez-vous ?


C. G. : la construction est une compétence de la Ville de Paris et la mairie du 16e se range parmi l'opposition. De là, découle une situation conflictuelle. Des projets pourraient nous convenir, mais nous n'en sommes pas informés en amont et ils manquent de plan d'ensemble.


Pour preuves : les projets du secteur d'Auteuil, dont le futur stade Jean-Bouin de 20 000 places à côté du parc des Princes de 50 000. L'accord n'est pas trouvé avec le promoteur sur les 350 logements de la gare d'Auteuil, dont 50 % sociaux. Le projet de la rue de Varize, de Cogedim et Christian de Portzamparc, comportera 200 logements, dont 25 % sociaux, mais les riverains veulent préserver les formes basses et les espaces verts du site. Nous sommes réservés sur les grandes hauteurs et non sur les formes inédites, particulièrement aux abords du bois de Boulogne.



I. B. : où en la mixité sociale ?


C. G. : l'arrondissement est assez éloigné de sa caricature habituelle. Ce n'est plus le plus cher de Paris. Il compte l'un des plus importants pourcentages de "RMIstes" de Paris et beaucoup de jeunes. Au sens de la loi SRU, nous avons près de 2,5 % de logements sociaux, mais il est regrettable que les immeubles sociaux de la porte de Saint-Cloud ne soient pas comptabilisés parmi eux. Ce secteur fait preuve de mixité sociale dans le bon sens du terme, sans cohabitation des extrêmes. Le 16e, ce n'est pas que l'avenue Foch…Nous souhaitons la prise en compte des familles et des classes moyennes, un aspect mis de côté dans la politique du maire de Paris.




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