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3 QUESTIONS À CHARLES BALOCHE - Directeur du département Sécurité, structures, feu du CSTB*

“L’enjeu est de prévenir les accidents de la vie courante en relation avec les bâtiments”

3 QUESTIONS À CHARLES BALOCHE - Directeur du département Sécurité, structures, feu du CSTB*
3 QUESTIONS À CHARLES BALOCHE - Directeur du département Sécurité, structures, feu du CSTB*

Indicateur Bertrand: Quelles sont les missions exactes de votre département ?


Charles Baloche: Sécurité, structures, feu se consacre pour moitié à la structure des bâtiments, et tout ce qui va permettre de s’assurer de leur résistance face aux différentes agressions : climatiques (vents forts, neige, dilatation thermique...), accidentelles (séisme, explosions, etc.) et d’exploitation (charges dues à l’usage du bâtiment). L’autre moitié du département se concentre sur la résistance au feu des constructions. Enfin, nous avons aussi une activité naissante: “la sécurité d’usage”. L’enjeu est de prévenir des accidents de la vie courante en relation avec les bâtiments, comme les personnes âgées victimes de traumatismes après être tombées dans les escaliers ou à la sortie du bain.


I. B. : Quels sont les principaux enjeux du volet “feu” ?


C. B. : Nous travaillons d’abord sur la résistance au feu des ouvrages en situation d’incendie. Autrement dit, seront-ils capables de résister aux actions thermiques et mécaniques qui leur sont appliquées, compte tenu de leur affaiblissement par la forte température? Nous faisons passer une batterie de tests à de multiples matériaux (structures en acier, béton, bois...). Par ailleurs, nous évaluons la réaction au feu, l’inflammabilité des produits de construction et leur capacité à produire beaucoup de chaleur et de fumée. Enfin, nous planchons sur le désenfumage. C’est un volet très important : en France, les incendies font 550 morts par an. Or, 85 % environ sont tués par les émanations de fumée. Nous cherchons donc les meilleures techniques pour l’évacuer, et éviter le plus possible les victimes par intoxication.


I. B. : Quelles sont les solutions sur lesquelles travaille le CSTB pour rendre l’habitat encore plus sûr ?


C. B. : Nous sommes en train de travailler sur un grand projet de recherche qui fera date. Son nom: le Projet national ingénierie de la sécurité incendie (PNISI). Cette vaste opération de cinq ans, d’un budget de 5millions d’euros, en est à mi-parcours. Aujourd’hui, la réglementation est surtout prescriptive, et basée sur l’application de nombreuses règles de détail (avoir deux escaliers au lieu d’un, etc.) qui permettent ensemble d’assurer la sécurité incendie. Le PNISI propose une nouvelle approche: recenser tous les scénarios possibles (départ et développement du feu, détection, alerte, comportement des personnes...), évaluer le risque et mettre en oeuvre, si besoin, des mesures correctives pour le ramener au niveau souhaitable.


* Centre scientifique et technique du bâtiment


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