3 QUESTIONS À Bruno Rouleau, Directeur Associé d'In&Fi Crédits

Les mesures de relance de l'État jouent à plein sur l'immobilier

3 QUESTIONS À Bruno Rouleau, Directeur Associé d'In&Fi Crédits
3 QUESTIONS À Bruno Rouleau, Directeur Associé d'In&Fi Crédits


Indicateur Bertrand: Les taux de crédits sont à nouveau historiquement bas. Comment voyez-vous leur évolution dans les mois à venir ?


Bruno Rouleau: En ce qui concerne les taux révisables qui sont indexés sur les taux de marché, il ne devrait pas y avoir de grosse évolution dans les six mois à venir compte tenu de la conjoncture. L'Euribor trois mois est à moins de 0,80 %, ce qui permet aux banques d'offrir des taux à moins de 3 % tout en ayant des marges très confortables. Côté taux fixes, les banques veulent de la profitabilité pour rembourser très vite la dette qu'elles ont contractée auprès de l'État. Pour l'instant, les taux sont assez stables mais on voit que les établissements ont la tentation de proposer des taux légèrement plus élevés à certaines clientèles comme les investisseurs. Pour autant, je pense que ce sera le statu quo jusqu'à mi 2010. Tout dépendra du risque inflationniste qui est de plus en plus présent.


I. B. : Les professionnels font tous état d'une reprise de l'activité immobilière. La ressentez-vous ?


B. R. : Absolument. En ce qui nous concerne, nous avons commencé à voir la reprise depuis le mois de février/mars et nous sommes à + 15 % sur nos encours de crédits immobiliers. Et il semblerait que nos concurrents ressentent le même phénomène. Cela tient à la baisse des taux, mais aussi des prix de l'immobilier qui ont perdu 10 % en moyenne mais qui plongent davantage dans certains secteurs. Et puis, l'État a mis la main à la poche et les mesures de relance – prêt à taux zéro, Pass Foncier, dispositif Scellier, jouent à plein, ramenant les acquéreurs vers l'immobilier.


I. B. : Faut-il souscrire un prêt à taux fixe ou un prêt à taux variable ?


B. R. : Tout dépend du type de projet. Si l'on se trouve face à un enseignant qui part à la retraite et qui s'installe par exemple sur la Côte d'Azur pour longtemps, inutile d'opter pour un taux révisable. Un taux fixe fera tout aussi bien l'affaire.


En revanche, si l'on se trouve devant un jeune couple souhaitant acheter un deux pièces qui n'a pas beaucoup de revenus et qui présente un potentiel d'évolution de salaire, un taux révisable est tout à fait adapté. Car on sait qu'il revendra dans les 4, 5 ou 7 ans pour racheter autre chose. La différence de taux permet de réduire la mensualité et de rendre solvable l'emprunteur.


Et en cas de remontée rapide des taux, l'emprunteur pourrait toujours transformer son prêt en taux fixe. Aujourd'hui, avec un taux à 2,80 % capé + 1,50 % comme nous le proposons, c'est particulièrement intéressant et peu risqué.



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