3 QUESTIONS À Alain Todini, président de Credixia

"L'économie d'un seul crédit"

3 QUESTIONS À Alain Todini, président de Credixia
3 QUESTIONS À Alain Todini, président de Credixia

 


 


 


Indicateur Bertrand : quelles réflexions vous inspirent le crédit relais aujourd'hui ?


 


Alain Todini : ma première remarque est que les emprunteurs ne le sollicitent plus vraiment. Depuis la crise, ils préfèrent vendre d'abord et racheter ensuite pour éviter de solliciter un prêt qu'ils savent délicat, d'autant que la presse s'est beaucoup fait l'écho des difficultés de certains emprunteurs à la suite du brusque ralentissement du marché de la fin 2008.


 


À l'époque, nous avons eu beaucoup de demandes d'emprunteurs qui voulaient se désengager de leur prêt relais en contractant un prêt classique à long terme. Aujourd'hui, ce prêt représente tout juste 10 % de notre production.


 


C'est donc très peu.


 


 


 


I. B. : les banques ont-elles modifié leur attitude vis-à-vis de ce prêt ?


 


A.T. : comme je l'évoquais auparavant, la faiblesse de notre production n'est pas liée à l'attitude des banques qui sont de nouveau plus souples en la matière, mais aux réticences des acquéreurs. C'est moins pratique car il faut faire coïncider la vente de l'ancien bien et la nouvelle acquisition mais les acquéreurs font jouer la solidarité familiale.


 


Ils se font héberger dans la famille ou louent un logement en attendant de pouvoir emménager dans le nouveau logement. Mais, il faut reconnaître que les établissements financiers sont revenus à des conditions moins draconiennes. Le montant du prêt atteint de nouveau 70 % de la valeur du bien à vendre et les taux du prêt relais jumelé ou global se situent autour de 3,50 %, ce qui est très intéressant.


 


Pour un relais sec, le taux descend même à 2,80 %.


 


 


 


I. B. : qu'en est-il des frais liés à un prêt relais ?


 


A.T. : dans le passé, un prêt relais jumelé signifiait deux lignes de crédit, l'un à court terme, l'autre à long terme. La banque appliquait des frais en conséquence. Désormais, elles pratiquent de plus en plus le prêt global. Par exemple, si le nouveau bien vaut 300 000 € et l'ancien 200 000 €, lorsque l'ancien logement est vendu, l'acquéreur a l'autorisation de rembourser la partie relais par anticipation.


 


C'est une formule qui s'adresse plutôt aux acquéreurs ayant de bons revenus et susceptibles d'assumer une mensualité importante pendant quelques mois. Mais, cette formule est aussi plus économique puisqu'elle n'implique qu'un seul crédit. L'emprunteur économise donc les frais du deuxième crédit. Je rappelle au passage que Crédixia ne facture aucun frais de dossier au client, quel que soit le cas de figure, ce qui est la raison de notre succès. En matière de garantie, les banques font très souvent appel à la caution mutuelle ce qui évite les frais de mainlevée d'une hypothèque.


 


 


 


 

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