3 QUESTIONS À Alain David, directeur de Cetelem Immobilier

"Il n'y a pas de facteurs qui encouragent une hausse importante des prix du marché"

3 QUESTIONS À Alain David, directeur de Cetelem Immobilier
3 QUESTIONS À Alain David, directeur de Cetelem Immobilier


Indicateur Bertrand : quelle est votre analyse de l'évolution des taux de crédit pour lesmois qui viennent ?


Alain David : on devrait reprendre le chemin de la hausse des taux car il existe des tensions sur les marchés. Cette remontée pourrait se produire fin 2010. Pour notre part, compte tenu du taux de l'OAT 10 ans, aujourd'hui entre 3,40 et 3,50%, nous pensons que les taux fixes des crédits immobiliers pourraient atteindre 4% en 2011 et 5% en 2012.


En ce qui concerne les taux révisables, on peut imaginer qu'ils vont aussi remonter mais on devrait conserver un écart de 1%par rapport aux taux fixes.



I. B. : cette hausse aura vraisemblablement un impact sur la solvabilité des emprunteurs. Ne risque-t-elle pas de « casser » l'embellie à laquelle on assiste aujourd'hui ?


A. D. : par rapport à la solvabilisation, nous n'avons pas beaucoup de marge de manoeuvre en matière de durée des prêts pour amortir l'éventuelle hausse des taux.


L'ajustement ne pourra donc se produire qu'au niveau des prix. Mais, leur évolution va dépendre de l'abondance ou non d'offre. Or, il est prévu une croissance de la population de l'ordre de 0,6% par an jusqu'en 2015, celle des ménages, elle, atteint 1%. Dans ces conditions, structurellement, la demande est forte et face à un manque d'offre, elle conduit à des risques de tensions sur les prix. Malgré tout, notre vision est qu'il n'y a pas de facteurs positifs pour encourager une hausse importante des prix et que ceux-ci devraient croître de 4 à 5%par an.



I. B. : certaines statistiques récemment publiées, font état d'une reprise du marché immobilier. Ressentez-vous cette reprise au niveau de votre production ?


Et pensez-vous que l'abaissement à 50% de la majoration du prêt à taux zéro a un impact sur le financement des primo-accédants ?


A.D. : nous avons incontestablement une augmentation de notre production. L'activité va se poursuivre, sans doute avec des soubresauts. En ce qui concerne le


prêt à taux zéro, sans doute que la majoration de 50%au lieu de 100% aura un léger impact sur la solvabilité des primo-accédants. Nous avons


justement testé l'incidence d'un prêt à taux zéro augmenté de 50%au lieu de 100%et nous avons constaté que l'emprunteur arrivait à conserver le


niveau de sa mensualité mais que la durée de son crédit devait être allongée de 7mois pour compenser cette perte.



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