Indicateur Bertrand : Vous venez d'être élu à la présidence de la FPC France ;que représente pour vous cette Fédération et quels sont vos axes prioritaires ?
Jean-François Gabilla : La Fédération a pour vocation de défendre les intérêts de la profession, comme toute organisation professionnelle, tout en les inscrivant dans le sens de l'intérêt général. La FPC est un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics pour tous les aspects de notre profession (juridique, financier, commercial, technique…) Elle est consultée sur les textes législatifs et réglementaires. Elle informe et forme ses membres. Les axes prioritaires découlent naturellement de la vocation des promoteurs : répondre aux besoins des utilisateurs, tant pour le logement que pour le tertiaire, et les satisfaire toujours mieux. Un axe majeur reste évidemment la production de logements moins chers pour répondre aux besoins largement insatisfaits, en particulier ceux des primo-accédants. Le deuxième est le développement de la satisfaction du client, tant en qualité de production sur les plans technique, architectural et environnemental dans la limite de l'équilibre économique des opérations que dans les services. Avec le lancement de Qualiprom® puis notre participation à celui de la certification NF logement, nous avons déjà largement montré notre volonté dans ce domaine. Depuis notre congrès de juin 2001, consacré au développement durable, les trois aspects fondateurs du concept (économique, social et environnemental) sont restés au centre de nos préoccupations, mais nous n'oublions jamais que dans "développement durable", il y a aussi et surtout "développement". Le troisième sera l'amélioration permanente du professionnalisme de nos adhérents par la formation, la mutualisation des expériences et l'amélioration de la connaissance de nos marchés et des besoins de nos clients.
I.B. : Quel est votre constat de l'état du marché du logement neuf en France ? Et ses perspectives d'évolution ?
J.-F.G. : Le marché du logement neuf continue à afficher une vitalité remarquable étroitement liée à la très forte demande encore insatisfaite. Le 1er trimestre a montré une augmentation des ventes forte en province (+15 %) mais une baisse en IDF, faute d'une offre suffisante. Nous sommes toujours dans une phase de hausse des prix, même si celle-ci s'est ralentie sensiblement. L'année 2006 ne devrait donc pas connaître de variation significative du volume des ventes malgré un relèvement attendu des taux d'intérêt. La meilleure garantie du maintien du marché reste la masse considérable des besoins non satisfaits. Les retards cumulés de production sont estimés de 800 000 à 1 000 000 de logements ; il faut bien les résorber. Nous restons donc confiants pour l'avenir même si on peut anticiper un ralentissement en volume après 2007. Les deux principales préoccupations sont la capacité de trouver du foncier, public ou privé, à des prix permettant la réalisation d'opérations destinées aux primo-accédants, ainsi que la poursuite de la hausse des coûts de construction dont une partie est due à une "certaine exubérance de la réglementation technique".
I.B. : Comment appréhendez- vous l'arrivée du Robien recentré et du Borloo populaire ?
J.-F.G. : Rappelez-vous 1999 ! La fin annoncée de l'amortissement Périssol en août avait provoqué une explosion des transactions. Aujourd'hui, ce n'est absolument pas le cas, signe que le marché voit une simple évolution dans les mesures nouvelles et non pas la disparition d'un système provoquant un effet d'aubaine. Et pourtant l'innovation est de taille puisque, avec le Borloo populaire, les investisseurs privés vont enfin bénéficier d'un produit alternatif très intéressant leur permettant un véritable choix entre un loyer proche du marché et un loyer de 20 % inférieur mais avec un avantage fiscal supplémentaire (la déduction forfaitaire de 30 %). La coexistence de ces deux formules s'adressant à des locataires différents rendra le marché locatif plus fluide et répondra aux besoins locatifs des ménages à revenus moyens.
I.B. : Le métier de promoteur Quelle évolution ?
J.-F.G. : "Le métier de promoteur est de plus en plus tourné vers la satisfaction des besoins de ses clients (particuliers et entreprises) et prend une dimension sociale et environnementale grandissante, ce qui implique l'amélioration permanente de la qualité dans toutes ses composantes : toujours plus de professionnalisme et une grande attention au produit. Par son action, la FPC contribue à cette évolution et veille à distinguer ses membres afin que leur appartenance à La Fédération soit déjà un élément qualitatif pour les clients".
Zoom sur la FPC
La Fédération des promoteurs-constructeurs de France (FPC) est forte de 400 membres répartis en 18 chambres régionales. Au cours des 5 dernières années, la profession a réalisé plus de 500 000 logements, dont 120 000 en 2005, près de 30 % de la production de logements en France. Elle emploie 15 000 personnes et induit une activité pour environ 150 000. Avec plusieurs centaines de milliers de m2 de bureaux réalisés en Ile-de-France et en Province, les promoteurs immobiliers sont aussi très présents dans le secteur de l'immobilier d'entreprise. La gamme des produits réalisés est très vaste et couvre tous les secteurs de l'immobilier : résidences de tourisme, d'affaires, pour étudiants mais aussi locaux commerciaux, industriels, opérations d'aménagement... sans oublier le logement social puisque, entres les ventes à la Foncière logement, aux organismes d'HLM et les prêts locatifs sociaux (PLS) privés, près de 10 000 logements sociaux auront été vendus par les promoteurs en 2005. |