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Indicateur Bertrand : Compte-tenu de la montée des prix, est-il encore possible d'acheter quand on a peu de revenus et d'apport ?
Christophe Cremer : Absolument. L'accession à la propriété n'est plus, comme autrefois, réservée aux acquéreurs disposant de bons revenus. Avec les crédits proposés aujourd'hui sur le marché, il n'y a pas de problème. J'ai deux exemples en tête, celui d'un jeune homme de 24 ans, employé dans une compagnie d'assurances, dont les revenus ne dépassent pas 19 000 € nets par an et qui a emprunté 120 000 € sur 30 ans à 4,35 %. Il rembourse 550 € par mois. Son loyer lui coûtait 560 €, ce qui représentait 5 600 € par an versés inutilement. S'il conserve son logement durant dix ans, il aura économisé l'équivalent de 20 % du prix d'achat. D'autant que son bien aura certainement pris de la valeur. On peut même se dire que s'il n'achète pas maintenant, il aura encore plus de mal à le faire dans dix ans si les prix continuent d'augmenter. Et même s'ils baissaient, il vendrait sans doute moins cher mais il rachèterait aussi moins cher. L'autre exemple, concerne un couple. L'un a 24 ans, l'autre 25 ans, et à eux deux, ils disposent de 28 000 e nets par an. Ils ont pu acheter leur petit 2-pièces avec un prêt sur 30 ans au taux de 3,90 %. Des exemples comme ceux-là sont aujourd'hui très fréquents. Dans les montages sur lesquels nous intervenons, nous constatons que le prêt à 0 % figure dans 19 % des dossiers traités. C'est bien la preuve que les ménages modestes sont nombreux à acheter. |