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Indicateur Bertrand : Paris est-elle entrée dans une nouvelle phase de son développement ?
Eric Lapierre : Après des années de construction néo-haussmanienne (des immeubles de 4 à 6 étages alignés sur la rue), le désir d’aménager la ville en exacerbant ses particularismes prend le dessus. On reconstruit des petites maisons dans le 20e. Cette logique mérite d’être étendue, en construisant aussi des tours aux portes de Paris. Sur le territoire de la couronne, où il y a un fort impact des infrastructures avec les Maréchaux, les voies ferrées et le périphérique, porter la hauteur plafond de 31 à 50 m permettrait d’offrir de l’habitat avec plus de confort sonore, de vue, de soleil tout en favorisant la mixité, le financement de nouveaux équipements et de commerces. Et donc d’améliorer la qualité de vie de ses quartiers.
I. B. : Quel secteur illustre le mieux cette nouvelle volonté politique ?
E. L. : La porte Pouchet, dans le 17e est un des sites choisis pour le Grand projet de renouvellement urbain. Les architectes, Trévelo et Viger-Kholer, ont créé sous le périphérique une place intercommunale, qui inverse le rapport de force entre Paris et les communes limitrophes. Les deux tours et la barre des années 50 y sont réhabilitées de manière exemplaire. La partie isolée et très proche du périphérique est démolie mais la structure de la tour du Bois-le-Prêtre est conservée en faisant l’objet d’une rénovation lourde, en concertation avec les habitants. De nouveaux logements sont implantés avec des prolongements sur des espaces verts. L’histoire est respectée, le confort est amélioré.
I. B. : Ce nouvel urbanisme est bien compris par les Parisiens ?
E. L. : Beaucoup envisagent la ville écologique comme diffuse, dispersée dans la campagne. Ce serait au contraire la ville dense, qui évite de prendre sa voiture. |