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"Pas de baisse des prix en 2006"
Indicateur Bertrand : L'étude de conjoncture des Notaires de France ne pronostique pas de baisse des prix pour 2006 ?
Pierre Bazaille : Une baisse des prix paraît inenvisageable pour 2006. Les outils dont nous disposons aujourd'hui, comme l'indice Insee-Notaires, indiquent que même si un palier a été atteint, la hausse des prix en 2005 est de 17,9 % pour les appartements et 13,9 % pour les maisons. Il est donc impossible de passer à zéro en 2006. Le schéma n'est pas le même que celui de la crise des années 90 : la hausse des prix est uniforme et concerne toute la France, avec par exemple 23 % de hausse à Brest ou 21 % à Saint-Etienne.
I. B. : Que peut-on conclure de l'augmentation de la vitesse de rotation des biens que vous constatez ?
P. B. : Nous constatons une mobilité importante de la population, avec 20 millions de personnes qui ont changé de domicile entre 1999 et 2004 et parmi eux, 3,6 millions qui ont changé de région. Cela concerne l'ensemble du territoire et c'est assez nouveau. Plusieurs facteurs expliquent ces mouvements de population, en particulier vers le Sud, pour des raisons de qualité de vie. Mais elle est également due à une évolution sociologique et culturelle, avec moins de stabilité familiale et professionnelle. Il y a aussi un facteur lié aux prix élevés de l'immobilier. Le parcours immobilier se fait par étapes. Les primo-accédants achètent d'abord "petit et loin", et revendent ensuite pour un bien mieux situé, plus grand. Seuls les dispositifs fiscaux ont freiné un peu cette mobilité, car pour en profiter au mieux, il faut garder le logement, au moins 9 ans pour le Robien par exemple.
I.B. : Quelles sont les régions et les villes "à investir" ?
P. B. : La région Rhône-Alpes est en tête, avec un accroissement démographique supérieur à la moyenne nationale, un dynamisme économique incontestable et une qualité de vie recherchée. Plus généralement, toutes les agglomérations sur une ligne Nantes-région Rhône-Alpes, avec leur potentiel loisirs, sont intéressantes. Des villes comme Toulouse, avec un développement économique lié à l'aéronautique, Marseille ou encore Montpellier, où il faut loger 1 000 nouveaux habitants par mois, sont autant de valeurs sûres. La seule précaution à prendre, même dans ces régions sud très prisées, est de ne pas acheter des programmes neufs dans des coins trop perdus. |