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"Le marché locatif reste tendu à Paris, mais aussi en banlieue"
Indicateur Bertrand : Quelles conclusions tirez-vous des dernières constatations effectuées par l'Olap ?
Geneviève Prandi : En Ile-de- France, on assiste à une redistribution géographique de l'offre, avec une réduction du parc dans le centre de l'agglomération au profit de sa périphérie et un glissement vers l'est et le nord. L'offre en locatif privé s'érode à Paris et se développe en banlieue, notamment dans les communes les plus populaires. La raison tient à la très faible proportion de la construction neuve dans la capitale, mais aussi au phénomène de vente à la découpe, qui entraîne le passage à la propriété occupante d'appartements auparavant locatifs. Enfin, les niveaux de prix parisiens incitent les propriétaires à vendre pour réaliser leur plus-value.
I. B. : Le développement de l'offre en banlieue tient donc aux prix moins élevés ?
G. P. : Tout d'abord, il s'agit de secteurs où la construction neuve est plus dynamique, ce qui entraîne la création d'un parc locatif, avec un certain succès du dispositif Robien. C'est le cas y compris dans de nombreuses communes de la petite couronne, comme Le Plessis-Robinson ou Courbevoie par exemple. Nous constatons par ailleurs que ce qui motive le déplacement des locataires vers la grande couronne n'est pas forcément le niveau de loyer, très proche entre petite et grande couronne, mais plutôt le fait d'y trouver des logements plus grands. En effet, on peut caractériser la typologie du parc locatif en disant que les logements sont petits et anciens dans le centre de l'agglomération et de plus en plus spacieux et récents à mesure qu'on s'éloigne de la capitale.
I.B. : Le marché locatif francilien est-il aussi tendu que celui de la vente ?
G.P. : Les fluctuations des loyers, à la baisse comme à la hausse, sont moins rapides que celles des prix de vente. Cela dit, le marché locatif est tendu à Paris et en banlieue. Plusieurs indicateurs nous le montrent : en raison de l'insuffisance de l'offre, les loyers de relocation sont toujours plus élevés, et en regardant l'évolution des loyers du secteur libre, on constate que l'écart se creuse entre l'ICC lissé (l'indice du coût de la construction) et les loyers demandés à Paris et en petite couronne. Par conséquent, la mobilité des locataires est faible, à Paris et en petite couronne, où elle se monte respectivement à 20 et 21 %, contre 28 % en grande couronne. |