Indicateur Bertrand :Quel bilan pour Kaufman & Broad tirez-vous de l'année 2005 ?
Guy Nafilyan : La stratégie que nous nous étions fixée lors de notre introduction en bourse, de rééquilibrer notre activité entre l'Ile-de-France et les régions, porte ses fruits : nos marges brutes dans les régions sont aujourd'hui supérieures à celles de l'Ile-de-France. Actuellement, les régions représentent 60 % de notre activité, contre moins de 20 % en 2000. Durant cette même période, nous avons par ailleurs développé de nouveaux produits : les résidences étudiantes et de tourisme. Cette stratégie s'est aussi révélée très positive.
I. B. :Quels sont vos axes de développement pour demain ?
G. N. : Tout d'abord, la troisième couronne francilienne. Il y a en effet des villes à une heure de Paris qui sont extrêmement intéressantes dans la mesure où elles sont reliées par des moyens de transports et de communications importants. Deuxième axe de développement : continuer à nous renforcer dans les régions. Si nous sommes les premiers à Toulouse, où un logement sur trois est construit par Kaufman & Broad, mais aussi à Marseille, ce n'est pas le cas à Nantes, Strasbourg, Lille et nous ne sommes pas encore présents dans le pays Basque. Notre stratégie pour les prochaines années sera d'augmenter nos parts de marché tout en renforçant notre position dans les régions. Troisièmement, continuer à développer de nouveaux produits comme les résidences de tourisme et les résidences étudiantes puis, nous intéresser à un nouveau marché, qui touche les personnes âgées dépendantes. Nous avions déjà eu une expérience dans le domaine des résidences pour personnes âgées avec les produits Liberty. Il nous faut désormais aller plus loin. Et c'est un beau challenge pour les cinq prochaines années.
I. B. : Quel regard portez-vous sur l'évolution des prix dans l'immobilier neuf ?
G. N. : L'augmentation du prix des terrains est la conséquence de l'augmentation du prix des terrains administrativement constructibles du fait de leur rareté, et des coûts de construction sous la contrainte des nouvelles réglementations. Des hausses à relativiser cependant. Les prix des logements neufs avaient baissé, après la crise de 1992, d'environ 50 % en Ile-de-France, et de 30 % dans les régions. Ils ont augmenté pour le neuf, d'environ 60 % entre 1995 et 2005. En euros constants, les prix parisiens sont aujourd'hui comparables à ceux de 1990, et la solvabilité des acquéreurs est maintenue grâce à la baisse des taux d'intérêts et au rallongement de la durée des crédits. Les prix dans le neuf, en 2005, ont augmenté de 6 à 7 %. Je crois qu'ils vont continuer à progresser parce que structurellement le marché est déséquilibré. Il existe une demande qui est, et restera très forte, et il y a une offre insuffisante. Les prix devraient par contre progresser plus faiblement en 2006. Le point le plus important et dont nous devons tenir compte, est le taux d'effort des acquéreurs, qui est actuellement de l'ordre de 28 %. Il est un peu moins élevé chez Kaufman & Broad car nos clients sont essentiellement des seconds acheteurs. Notre intérêt est évidemment que les prix se stabilisent le plus rapidement possible.
I. B. : Kaufman & Broad en 2010 ?
G. N. : Notre objectif à l'horizon 2010 est de construire 10 000 logements par an, dont une majeure partie en logements traditionnels en accession à la propriété, une partie en résidences hôtelières et de tourisme, une partie en résidences étudiantes et une partie résidences pour les personnes dépendantes, soit environ 500 logements. C'est un pari ambitieux mais parfaitement réalisable. |