|
Indicateur Bertrand : 2004 a été une bonne année pour l'immobilier neuf, porté en grande partie par le dispositif Robien. Comment s'annoncent les résultats de 2005 en Ile-de-France ?
Claude Cagol : Le dynamisme de l'activité n'a pas été démenti en 2005. Un contexte financier favorable, la confiance dont bénéficie le logement, des besoins élevés et insatisfaits dynamisent le marché. Mais, vous avez raison, le moteur de fond sur lequel s'appuie le marché reste le dispositif fiscal Robien puisque nous observons qu'au 1er semestre 2005, les investisseurs représentent 45 % des acquéreurs de logements neufs de l'Ile-de-France. Au final, nous attendons encore une très bonne année 2005, avec un volume de réservations supérieur à 22.000 unités, soit quasiment celui des années 2004 et 2003.
I.B. : En 2006, où faudra-t-il aller pour se loger en Ile-de-France ? Certaines villes se distinguent-elles par leurs grands projets, leurs nouveaux quartiers ?
C.G. : L'offre se situe actuellement à un très faible niveau et les programmes nouveaux sont actuellement rapidement commercialisés. Mais des communes comme par exemple Le Plessis- Robinson, Saint-Denis ou Issy-les-Moulineaux présentent actuellement une offre significative. Elles resteront dynamiques l'année prochaine et devraient encore offrir de nombreuses nouvelles opportunités. Ce marché peut également compter sur les communes de Marne-la-Vallée (Montévrain, Magny-le-Hongre et Bussy Saint-Georges par exemple) déjà très actives, où les projets restent nombreux, en collectif comme en individuel d'ailleurs. A Boulogne-Billancourt, les opérations prévues sur les terrains Renault alimenteront également le marché. Enfin, Saint-Ouen, Alforville et Massy continueront de se développer, mais cette énonciation n'est heureusement ni exhaustive, ni limitative.
I.B. : Malgré le ralentissement de la hausse dans la capitale, les prix restent très élevés et la hausse se répercute sur les départements périphériques. Dans ce contexte, quelles sont les mesures que vous attendez des pouvoirs publics et les grandes pistes pour pouvoir répondre à la demande, en particulier celle des primo-accédants ?
C.G. : Tout d'abord, il me paraît indispensable de réaffirmer que tous les Franciliens doivent pouvoir se loger dans de bonnes conditions. Nous devons donc nous fixer comme objectif d'augmenter la production pour accroître le parc de logements, pour faire face aux besoins futurs et essayer de combler une partie du retard de construction accumulé. Cela passe par un foncier disponible à un coût maîtrisé et par une simplification des procédures administratives de construction. Si aucun segment du marché résidentiel ne doit être oublié, il me semble fondamental d'aider ceux qui souhaitent passer d'un statut de locataire à celui de propriétaire. Les mesures récentes, qui visent à élargir l'accès du prêt à 0 % (PTZ) à des catégories élargies de la population, vont dans le bon sens. Mais, pour assurer l'efficacité du dispositif, il serait également nécessaire de relever parallèlement les plafonds des opérations et il serait bien utile d'envisager que ceux qui ne bénéficient pas du PTZ disposent d'un crédit d'impôt au titre des intérêts d'emprunts. |