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“Vers un retour à la normale”
Indicateur Bertrand : Une tendance se dessine, à savoir un écart grandissant entre le nombre des autorisations de construire et celui des mises en chantier. Comment analyser cette tendance ?
Jean-Michel Sede : Le volume de commercialisation s'est maintenu entre 2006 et 2007. La nouveauté est dans le rythme des ventes qui s'allonge. Mais après les périodes fastes que nous avons connues en 2005 et 2006, cela signifie un retour à la normale, au rythme raisonnable de 2003. Ce décalage s'explique essentiellement par la durée globale d'une opération (deux ans au minimum entre les négociations d'acquisition d'un terrain et la livraison des logements). Ce délai entraîne une certaine inertie. C'est encore plus vrai dans une région comme la nôtre où le gros oeuvre est constitué essentiellement de filiales de majors et d'ex-PME devenues majors au niveau local.
I. B. : Comment envisagezvous l'année 2008 ?
J.-M. S. : Les prix du neuf ne semblent pas devoir s'orienter à la baisse. Le coût des travaux augmente de 5 à 6% tous les ans. Les nouvelles réglementations (sur l'accessibilité des personnes à mobilité réduite notamment) ont un impact sur ce coût. Nous verrons aussi les conséquences des accords du Grenelle de l'environnement. La question du foncier est pressante. Des réflexions sont en cours pour en dégager rapidement. La communauté urbaine de Lille a ainsi commandé une étude sur le foncier mobilisable sur la métropole. Pour les opérateurs, ces contraintes se traduisent en difficulté à proposer des biens en adéquation avec les capacités financières des acheteurs. Il faut revenir vers les primo-accédants, agir à tous les niveaux, pour une diminution de la pression foncière mais aussi sur la conception de nos produits. Sans dénigrer la qualité, il faut être raisonnable en termes d'architecture. Cette prise de conscience est récente et devrait se ressentir d'ici 3 à 5 ans. On doit aussi accepter de densifier. Cela passe par l'augmentation de la part du collectif et par de l'individuel dense, bien aménagé à proximité des transports en zones périurbaines.
I. B. : Où sera l'actualité de la construction cette année ?
J.-M. S. : La clientèle de la métropole lilloise est captée dans un rayon de 30 km. Ils se déplacent pour trouver une chambre de plus à un budget équivalent. Une tendance qui connaît ses limites avec les autoroutes saturées dans la métropole. Le long de l'A21, entre Bully-les-Mines et Douai, de grosses opérations sont en projet à Courcelles-Lès-Lens (environ 1 200 logements sur la Zac d'habitations communautaires du Domaine de la Marlière) et à Noyelles- Godault (mutation de la cité minière de Crombez). Les premières pierres d'un immense écoquartier sur le Douaisis (Douai, Sin-le-Noble et Lambreslez- Douai) seront posées cette année. D'ici 15 à 20 ans, il accueillera 3 000 logements sur 200 hectares. |