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Indicateur Bertrand : Vous annoncez la naissance du premier acteur intégré des métiers de l’immobilier… Quels sont les objectifs poursuivis avec la Caisse d’Epargne ?
Alain Dinin : Notre ambition est très simple. Elle consiste à rendre possible et plus accessible les projets immobiliers de chacun de nos clients. Pour le logement, la solvabilité est devenue un enjeu central. Il est impératif de mieux articuler l’offre de logements et celle du financement, notamment pour répondre à l’allongement des durées d’emprunt et au vieillissement de la population. Par ailleurs, si nous voulons contribuer à l’essor de nouveaux quartiers, il faut travailler plus étroitement avec les collectivités publiques. A cet égard, notre alliance avec le Groupe Caisse d’Epargne constitue un atout essentiel, à la fois par sa capacité de financement, mais également par la complémentarité de nos métiers. Enfin, il faut être plus proche de nos clients. La proximité de nos capacités de distribution est un avantage complémentaire.
I. B. : En immobilier résidentiel, quelles sont vos opérations les plus emblématiques ? A. D. : L’aménagement de Rives de Seine, à Boulogne- Billancourt, s'étend sur 74 ha entre l'île Seguin, la rive de Boulogne-Billancourt et le Pont de Sèvres. C'est aujourd'hui le plus grand projet de création de quartier en France. Cette opération exceptionnelle comprendra à l’horizon 2011, 5 800 logements dont 1/3 de logements sociaux, un grand parc de 7 hectares, 2 haltes-garderies, trois groupes scolaires, 3 nouvelles crèches, un collège et un gymnase. Nexity a déjà commercialisé 349 logements depuis huit mois et va lancer une nouvelle commercialisation au dernier trimestre 2007. Nous menons également beaucoup d’opérations en régions où nous réalisons 2/3 de notre activité. Par exemple, à Dunkerque, nous travaillons avec la ville sur une nouvelle zone d’habitat dans une démarche innovante de respect de l’environnement. A Nantes, nous avons entamé la reconversion du Tripode sur l’île de Nantes. A Lyon, Bordeaux ou Marseille, à chaque fois, notre approche est la même : réfléchir à un projet avec la ville pour développer une offre accessible au plus grand nombre.
I. B. : Quel regard portezvous sur l’état du logement ?
A. D. : En fait, aujourd’hui, en France, il manque plus de 500 000 logements, et pourtant, en 2007, les opérateurs immobiliers construiront moins qu’en 2006. La pénurie va donc s’aggraver face à une demande de logements grandissante. Nous sommes en pleine contradiction. Dans ce contexte, il est indispensable de soutenir le rythme de construction et de contenir la hausse des prix. Il faut encourager les maires bâtisseurs. On sanctionne les collectivités locales dont le parc immobilier compte moins de 20 % de logements sociaux, ne devrait-on pas plutôt sanctionner celles qui ne délivrent aucune autorisation de construire dans les principales zones d’habitat ? Il faut également poser la question de la densification urbaine. Même si les élections municipales approchent, les Français peuvent comprendre qu’il est plus facile et plus économique d’ajouter un étage supplémentaire plutôt que de construire un deuxième immeuble. C’est l’un des moyens simples de faire baisser les prix. La mise en place par le gouvernement de la déductibilité des intérêts d’emprunt va dans le bon sens, mais cette mesure fiscale ne donnera son plein effet que si elle est renforcée pour les acquéreurs aux revenus modestes. Pour accroître la solvabilité de ces derniers, il faut généraliser par exemple des mécanismes permettant une dissociation du foncier et du bâti. Face à cette crise du logement en France, il faut donc recréer une dynamique de l’offre. |