|
“Des prix en accession maîtrisée, inférieurs au marché"
Indicateur Bertrand : Quelle est votre ambition pour votre ville ?
Bertrand Kern : C'est simple. Notre ville est habitée par des classes populaires, des salariés des strates moyennes, souvent défavorisées et beaucoup de populations d'origine étrangère. Mon objectif est de voir les classes moyennes et populaires se loger au coeur de l'agglomération parisienne si elles le souhaitent. Pour cela, il faut développer une politique en termes de logement social ou d'accession libre, de terrains qui permet de créer des conditions pour rassembler nos habitants. Si nous n'y prenions pas garde, les personnes qui ne gagnent pas 2 ou 3 fois le Smic ne pourraient plus se loger, sauf dans l'habitat social.
I. B. : Avez-vous une priorité en terme d'habitat ?
B. K. : Oui, éradiquer l'habitat indigne, c'est-à-dire tous nos immeubles qui datent des années 20 et font souvent l'objet de location à plus de 20 e/m2 à des familles sans papiers ni travail fixe. J'ai déposé un dossier "habitat indigne" auprès de l'ANRU dans lequel nous prévoyons d'intervenir non plus simplement au travers d'une OPAH, mais sur tout le bâtiment. Nous avons repéré avec l'Etat une trentaine d'immeubles et nous négocions à l'amiable avec les propriétaires pour acquérir les lots. Si nous ne tombons pas d'accord, nous saisissons le juge de l'expropriation. Parallèlement, nous accordons 2 appartements à chaque bailleur social qui reloge un de ses locataires. La ville compte 40 % de logements sociaux et nous allons ainsi substituer aux immeubles décrépis des petits ouvrages flambant neuf. 6 ou 7 immeubles seront démolis cet été et nous garderons ce rythme sur 5 ans. Après, nous aurons davantage de possibilités pour faire revenir l'initiative privée sur la ville.
I. B. : Justement, que faitesvous pour l'accession privée ?
B. K. : Nous travaillons avec les promoteurs pour que tout programme neuf comporte 25 % de logements sociaux et que les lots libres sortent au prix en "accession maîtrisée" de 3 700 e/m2, ce qui est inférieur au marché de 4 000/4 200 e/m2. Les prix sont plus élevés qu'à Saint-Denis puisque la commune est plus équilibrée socialement, que le 19e en face est attractif et que le tramway des Maréchaux arrivera en 2012 alors que nous avons déjà le métro et le RER. La commercialisation se fait dans un premier temps auprès des Pantinois par le biais du journal municipal, mais toute personne extérieure peut acquérir un de ces biens. Sinon, ce serait un refus de vente, donc illégal. Nous comptions 49 000 habitants en 2001, quand je suis arrivé, et maintenant nous sommes 53 000. L'objectif du PLU vise 55 000 à 60 000 habitants en 2015. C'est une ville qui bouge, c'est ma passion. D'ici une dizaine d'années, elle aura bien changé. |