Publié le 01/03/2009, dans : Marché Ile-de-France
À l'avenir, les centres-villes seront très recherchés

Indicateur Bertrand : À quoi doit s'attendre l'acquéreur francilien dans 10 à 15 ans, au moment de la revente éventuelle de son bien ?
Michel Godet : Le recensement, publié dans son intégralité en juillet prochain, mettra en relief des soldes migratoires déficitaires avec toutes les régions, sauf le Nord et l'Est. On assiste à la fuite de l'ensemble des catégories socioprofessionnelles d'actifs, à l'exception des cadres. Et encore, le solde apparaît de moins en moins positif pour ces derniers. Des Franciliens quittent leurs nids pour le pourtour de la région dès leurs 29 ans, l'âge où l'on élève des enfants, en raison du coût du logement et d'une meilleure qualité de vie. C'est aussi la région où les départs de retraités sont les plus nombreux (25 %, au lieu de 5 % en moyenne). Parallèlement, les quelque 80 000 départs annuels sont en partie compensés par l'arrivée de 40 % des 100 000 migrants internationaux, dont l'intégration sociale et scolaire n'est pas évidente. Je suis très réservé sur l'avenir de l'Île-de-France, où le phénomène de “l'entre soi” s'accroît. Compte tenu du vieillissement de la population, les biens immobiliers des centres-villes et près des transports seront très recherchés.
Un appartement à Paris demeurera un bon placement. Des villes pour cadres, comme Levallois ou Issy, resteront attractives. Par contre, dans les nouveaux villages construits à la périphérie des villes, la population, dont l'âge est sensiblement identique, vieillira au même moment. Ces secteurs pourraient subir une dépréciation en fonction de leur qualité de vie et de leur cohésion sociale.
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