Publié le 01/02/2009, dans : Financer son logement neuf, Interviews
Indicateur Bertrand: Quelles raisons vous ont poussé à modifier les conditions d'accès de votre prêt à 0%?

Xavier le Coutour : Depuis 2007, la ville de Caen distribue un prêt à 0 %, qu'elle vient de modifier. Il se nomme désormais Prêt parcours résidentiel.
Au départ, nous étions partis sur une production d'une trentaine de prêts par an, mais les plafonds de revenus que nous avions fixés étaient élevés, ce qui rendait beaucoup d'acquéreurs éligibles.
En quelques mois, on a atteint 40 demandes de prêts à 0% par trimestre. Financièrement, nous ne pouvions pas faire face.
À ce rythme, nous aurions eu 1,5 million d'intérêts à payer aux banques qui distribuent le prêt et auxquelles nous remboursons les intérêts non versés par les emprunteurs. J'ai fait évaluer la typologie des ménages caennais qui avaient accès à notre prêt à 0 %. En moyenne, ils finançaient 150 000 € et avaient un apport de 50 000€. Il s'agissait donc d'une catégorie d'habitants plutôt favorisée. On ne pouvait pas accepter de poursuivre dans cette voie. C'est la raison pour laquelle nous avons souhaité recentrer notre prêt à 0 %.
I. B. : Quels sont donc les ménages qui peuvent bénéficier de ce prêt aujourd'hui ?
X. l. C. : Désormais, le Prêt parcours résidentiel est réservé aux locataires du parc social dont les ressources n'excèdent pas les plafonds du prêt à 0 % du ministère du Logement.
En revanche, pour mieux aider les accédants à la propriété, nous avons augmenté les montants de prêt. Pour une personne seule, il est désormais de 17 500€contre 15 000 € précédemment, tandis quepour un ménage composé d'au moins deux personnes, il passe de 20 000 à 25 000 €.
Ces nouvelles conditions s'appliquent à compter du 1er janvier 2009.
I. B. : Est-ce aussi une manière, pour la ville, de libérer des logements sociaux ?
X. l. C. : Tout à fait. Nous avons souhaité fluidifier la rotation du parc social, qui est très faible aujourd'hui. Sur la ville, nous avons un nombre insuffisant de logements sociaux, de même que surl'agglomération, où l'on recense 8 000 à 10 000 demandes de logements HLM, ce qui est énorme. Voilà pourquoi nous souhaitons inciter à leur libération en facilitant l'accession sociale à la propriété par les locataires des bailleurssociaux intervenant sur le territoire de la ville de Caen. Aujourd'hui, le rythme de construction n'est pas suffisant pour résorber la demande.
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